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Les grands ducs (jusqu'au 27 avril)

le  07/02/2025   au théâtre de Passy, 95 rue de Passy 75016 Paris (du jeudi au samedi à 21h et dimanche à 16h)

Mise en scène de Jean-Luc Moreau avec Jean-Pierre Castaldi, Georges Beller, Jean-Christophe Barc, Véronique Genest, Eric Le Roch et Christian Diaz écrit par Patrice Leconte




Pas besoin d’avoir vu au préalable le film de Patrice Leconte sorti en 1996 (ou bien celui américain des « Producteurs » de Mel Brooks, datant de 1968) -, cette pièce du même nom est son copier coller à quelques très rares exceptions près, à savoir qu’il y a forcément beaucoup moins de monde sur la scène du théâtre de Passy que sur l’écran de cinéma. Mais cela ne l’empêche nullement de donner l’impression qu’il y a foison dans ce spectacle « de boulevard » revigorant.
Pour reprendre le flambeau de feu les 3 acteurs principaux du célèbre long métrage français, c’est-à-dire Philippe Noiret, Jean-Pierre Marielle et Jean Rochefort, c’est au tour de Jean-Pierre Castaldi (grognon et hargneux à souhait), Georges Beller (grimaçant et gesticulant à n’en plus finir) et Jean-Christophe Barc (au demeurant parfait et même excellent) de singer allégrement des vétérans comédiens plutôt minables, à la fois ratés et fauchés, tous au chômage forcé (et pour cause), qui courent le cacheton et les castings dans l’espoir de décrocher enfin « le (dernier) rôle de leur vie ».
Tombés sur un imprésario escroc, aussi ruiné que véreux, les voilà tous embarqués pour une tournée avec une comédie médiocre que ce dernier va essayer de saboter par tous les moyens pour toucher l’argent de l’assurance. Il va s’en dire que nos « preux chevaliers », pleins de ressources cachées, de panache et « sûrs de transcender l’espace », ne se laisseront pas faire aussi facilement. Passés les 10 premières minutes, on est vite happé par le tourbillon ambiant, la frénésie communicative et la fantaisie débonnaire que dégagent ces « vieux de la vieille » pas si gâteux que cela, qui n’en loupent pas une pour nous prouver leur haut degré d’ingéniosité en cas d’entourloupes.
On rit franchement, sans retenue ni forcing, devant leur jeu certes assez incompétent (« le reste, c’est de la garniture ! ») mais tellement touchant, en rajoutant ici et là pour mieux nous cueillir au passage. Leurs effets (de manche) ne manquent pas de nous esclaffer, surtout lorsque leurs propres oublis, bévues et autres mimiques déclenchent entre eux le fou-rire assuré. La bonne humeur est de mise et ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu pareille complicité pour le moins « truculente » sur les planches d’un théâtre.

C.LB



 
 
 
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