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Aime-moi (jusqu'au 23 juin)

le  10/02/2025   au sein de la Scala Paris, 13 boulevard de Strasbourg 75010 Paris (les lundis à 21h15)

Mise en scène de Fabien Ducommun et Christian Kiappe avec Fabien Ducommun écrit par Fabien Ducommun




Depuis quelques années, les seules et seuls-en-scène de comédiennes et comédiens, racontant chacun(e) leur parcours, font florès sur les scènes parisiennes. Resserrement des budgets oblige, c’est la forme économiquement la plus viable pour présenter la palette de son talent au public parisien et aux éventuels producteurs. Dernière déclinaison du genre, « Aime moi », présenté par Fabien Ducommun sous la forme d’un road trip sur fond de guitare.
Le prétexte ? Le convoyage de Princesse, une Chevrolet Camaro que le comédien, alors, aux
USA, doit conduire de New York à Riverside en Californie, soit près de 4500 kilomètres. Au fil des kilomètres, et des péripéties états-uniennes, le récit déroule également l’enfance helvète du jeune comédien : son premier coup de foudre, enfant, pour Gianni, l’accompagnateur du car scolaire comparé à « Alain Delon, dans plein soleil », son premier cours de théâtre à 13 ans, son enfance à Genève, se débuts chaotiques sur scène. Une séquence américaine, un clin d’œil vers l’enfance, une chanson, entonnée plutôt juste : l’intention du spectacle est de nous convier à un double voyage, voire triple si on y ajoute celui musical. La guitare égrène ses sanglots, donnant au tout une connotation mélancolique.
Certes, le comédien est souriant et sympathique, certes, il chante juste mais hélas le spectateur reste de marbre : aucune émotion n’émane de ce récit trop narcissique pour que le spectateur s’y sente invité. Au fil des kilomètres parcourus par Princesse et son conducteur, le public sombre dans l’ennui le plus profond et finit par se désintéresser totalement d’un récit dominé par l’esprit de sérieux et la totale absence d’humour comme de recul. Lumières léchées, langage quasi chorégraphique du corps du comédien, tout est soigné, glacé, froid. « Aime-moi ! », demande le comédien dans le titre de son spectacle : le spectateur malgré toutes ses tentatives n’y parvient hélas pas.

Eric Dotter



 
 
 
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