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Monstre sacré (jusqu’au 25 mai)
le 23/03/2025
au
théâtre Hébertot, 78bis boulevard des Batignolles 75017 Paris (à 20h les 16, 23 et 30/03, les 13 et 27 avril, les 11 et 25/05)
Mise en scène de Renata Litvinov avec Renata Litvinova, Nicolas Briançon, Alexis MacQuart, Elena Terenteva, Pierre-Alain Leleu et Valéria Nicov écrit par Renata Litvinov
« Vous êtes russe ? Mais oui, vous êtes bien russe !...», pourrait-on s’amuser à parodier le regretté comique – et acteur - Elie Kakou, tant le théâtre Hébertot en était « rempli » lors de la représentation dominicale de Monstre sacré. C’est d’autant plus évident que la comédienne principale de ce mélodrame est Renata Litvinova, une actrice, scénariste, réalisatrice et productrice de cinéma russe, égérie de nombreuses marques et célèbre dans son pays. Et pour l’occasion, tou.te.s les « expatrié(e)s ruskov » de Paris s’étaient donnés rendez-vous pour voir la curieuse diva sur scène, elle qui a fui son pays pour venir se réfugier chez nous après son opposition à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La voilà donc qui joue un rôle pas si éloigné de cela d’elle, celui d’une star de cinéma vivant dans un luxueux manoir près de la capitale et espérant un nouveau grand et glorieux avenir pour elle alors que la situation semble impossible : nouveau rôle, nouvel amour, nouvelle vie dans un nouveau pays. Et force est de constater qu’elle y met beaucoup du sien – c’est normal, c’est elle qui a écrit la pièce ! - pour interpréter cette « immense » vedette sur le retour en quête d’un come-back fracassant, arborant en grande pompe des tenues originales, des robes extravagantes et des allures posées à la Marlène Dietrich. Un vrai défilé digne de la Fashion week à elle toute seule ! Et pour couronner le tout, elle parle moitié russe moitié français, ce qui rend encore plus pittoresque - et compliqué - l’ensemble ! Malgré un panneau lumineux traduisant en simultané les 2 langues et installé au-dessus de la scène, on a bien du mal à suivre les élucubrations de tout ce beau monde – qu’est venu faire ici le comédien et metteur en scène Nicolas Briançon ? On se le demande ! C’est plus à une caricature maniérée, voire exagérée, pour ne pas dire outrée, d’une « étoile » du passé à laquelle nous sommes conviés, comme si les planches du théâtre ne servaient qu’à permettre à sa protagoniste principale de poser et de mimer outrageusement les années révolues d’un cinéma qui n’existe plus. 2 heures – avec entracte – pour accoucher de ce spectacle surfait d’un autre âge, à quoi bon, si ce n’est de faire plaisir à quelques fans et autres « happy few » de cette Arielle Dombasle « made in Russia » qui aime par-dessus tout se mettre en valeur ? Bref, c’est russe quoi !
C.LB
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