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Amour, gloire et secrets (jusqu’au 20 septembre)
le 13/08/2025
au
théâtre de Passy, 95 rue de Passy 75016 Paris (du mercredi au samedi à 19h et dimanche à 16h)
Mise en scène de Vincent Messager avec Andréa Ferreol, Alexandra Vandernoot, Vincent Messager en alternance avec Edouard Colin, Mélissa Gobin-Gallon et Erwin Zirmi écrit par Erwin Zirmi
Ça commence par un air, une rengaine bien connue des plus anciens : elle est extraite du « Violon sur le toit » et annonce « Ah si j’étais riche ». Riche, Amandine de La Pratte l’est. Comédienne connue et reconnue, elle est fantasque et un peu capricieuse, cultivant tous les poncifs de sa catégorie : elle est autoritaire mais pas trop, entretient un rapport conflictuel avec les contingences matérielles, dont s’occupe son fidèle secrétaire, et cultive un certain sens de l’égocentrisme, notamment lorsqu’il s’agit d’essayer un costume (« je ne vais pas aux ateliers, ce sont les ateliers qui viennent à moi ». Amandine de la Pratte est donc riche, mais hélas, nous sommes en 2008 et la crise est passée par là. La star, plombée par des investissements hasardeux, est ruinée ou presque. Qui osera le lui annoncer ? Amandine, c’est André Ferréol, que l’on avait vu en 2023 dans « La priapée des écrevisses » en femme dévoreuse d’hommes. La voici à nouveau en femme de caractère, dans un rôle qui semblait cousu main pour elle. Il serait bien injuste de ne mentionner que la reine de la scène, car autour de la vibrionnante Amandine, il y a son secrétaire, homosexuel et forcément extraverti ( !!), sa fille, BCBG et forcément coincée ( !!!), sans oublier son petit-fils, looser absolu qui a tenté de suivre les traces de sa mère mais qui, en forme de talent, n’a pu exposer que sa nudité. Fort de cet équipage bringuebalant, cette comédie mène un chemin cahotant vers un comique incertain. On y cherche le rire à coups de répliques qui font parfois mouche mais qui parfois aussi tirent leur inspiration fort directe de scènes bien connues. On pense ainsi à « La Crise » de Coline Serreau ou à certains films de De Funès. Comme dans toute comédie digne de ce nom, il y a une cocue, la fille d’Amandine, une intrigue sous forme d’apparition de cette mystérieuse habilleuse polonaise sortie de nulle part, mais il y aussi des rebondissements : on pense notamment à l’explication très plaquée de la haine légendaire entre Amandine de La Pratte et Madeleine Ladernier Dire que l’on ne rit pas serait un mensonge mais dire qu’il s’agit là de la meilleure comédie de l’année serait nettement exagérée. Si certaines répliques font leur petit effet, le jeu des comédiens date en effet un peu. Ce spectacle s’adressera donc essentiellement aux nostalgiques d’« Au théâtre ce soir », ce divertissement théâtral des années 70-80 qui offrait aux téléspectateurs de la 1ère puis de la deuxième chaine de l’ORTF des captations de comédies bourgeoises plus ou moins inspirées mais taillées pour le petit écran. Bref, « Amours, Gloire et secrets » présente quelques vertus que les susdits spectateurs ne manqueront pas d’apprécier.
Eric Dotter
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