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Berlioz trip solo – de la cour au jardin (jusqu’au 13 mars)

le  16/01/2026   au Berlioz trip solo – de la cour au jardin (jusqu’au 13 mars)

Mise en scène de Géraldine Aliberti-Ivanez avec Régis Royer écrit par Géraldine Aliberti-Ivanez




Pour l’amour d’une femme, on en ferait des folies. Et quand on s’appelle Berlioz, on peut aller jusqu’à composer une Symphonie…qui ne peut être que fantastique bien sûr ! Cette femme, objet d’un coup de foudre du compositeur, c’est Harriet Simpson, une jeune actrice irlandaise qu’il voit sur scène en 1827 dans deux rôles de Shakespeare. Voilà 40 lettres que Berlioz l’enflammé lui envoie et elle, indifférente, ne lui répond pas.
Mais Berlioz, c’est une incarnation sur scène, et c’est l’acteur qui prend la parole en premier lieu : «Ça ne va pas jouer ce soir […] cette œuvre est une déclaration d’amour et de toutes façons, la femme pour qui il a écrit n’est pas là ». Mais que le spectateur se rassure, le spectacle aura bien lieu. On y assiste, geste à geste, partition après partition, pupitre par pupitre à la naissance de cette symphonie créée à grand fracas en 1830 à Paris. Les gestes amples du compositeur dessinent ainsi la partition dont les feuilles jonchent le sol. Tantôt recueillie, tantôt fiévreuse, la mélodie fait entendre ses accords. Berlioz ne voulait pas moins de 467 musiciens, 30 pianos, et environ 20 harpes. Une ambition à la hauteur de la passion dévorante qu’il entretenait pour la jeune comédienne irlandaise avec laquelle il finit par se marier.
Sur le plateau, la musique enregistrée tout exprès détache tantôt les cordes, tantôt les bois, offrant au spectateur un spectacle complet. Géraldine Aliberti-Ivañez est tout autant femme de théâtre que musicologue. Elle nous éclaire ici sur un homme et une œuvre qui marquent tout autant que le « Hernani » de Victor Hugo, c’est-à-dire l’entrée dans le romantisme. Au-delà d’une passion amoureuse, c’est la mise en scène et l’exhibition de tourments personnels de Berlioz, aidée par l’opium, que l’initiatrice nous montre ici. Il y a donc une logique à cette alternance entre prise de parole du comédien et reprise en main musicale par le compositeur.
De ce « Berlioz trio solo », on préfère ici les phases créatives du compositeur aux interrogations narcissiques du comédien, Régis Royer, qui interprète de manière fort talentueuse le bouillonnant et génial Berlioz. Il s’agit là d’un seul en scène mais signalons qu’une version du même spectacle mais avec un orchestre sur scène, sera présentée le 11 mai 2026 au Châtelet. N’attendez toutefois pas avant de découvrir le travail de Géraldine Aliberti-Ivañez qui entreprend, à travers une jolie formule de « Théâtraliser la musique et de Musicaliser le théâtre, rien que cela !

Eric Dotter



 
 
 
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