en 
 
 
cinema

 
 

Adèle Berry (jusqu’au 26 avril)

le  14/02/2026   au théâtre Déjazet, 41 boulevard du Temple 75003 Paris (du mercredi au samedi à 20h et dimanche à 17h – pendant les vacances scolaires également à 14h)

Mise en scène de Emmanuel Touchard avec Céleste Hauser, Eva Tesiorowski, Gaspard Coulon, Zoé Gedicht, Laura Tardino… écrit par Yanowski




Nous sommes à Londres en 1881. Adèle Berry est une jeune orpheline en fauteuil roulant qui vit chez ses oncle et tante sous la protection mi-sévère mi-bienveillante d’Emma sa gouvernante. A l’occasion d’une promenade en ville, elle est laissée sans surveillance et fait la connaissance d’un étrange bottier polonais qui, séduit et ému par la jeune fille, lui offre une paire de bottines magiques lui permettant de remarcher, mais seulement la nuit, et à condition de n’en parler à personne. S’échappant la nuit par la porte de service, Adèle Berry découvrira ainsi les bas-fonds de la capitale londonienne, et son monde interlope : elle se liera d’amitié avec une bande de pickpockets, et notamment avec Eliot, un jeune orphelin. Mais bientôt, la ville résonnera d’une rumeur effrayante : Faith Damnable, le géant enleveur d’enfants aurait encore frappé. C’est le réel début de l’aventure d’Adèle Berry
Puisant dans l’imagerie et la littérature du XIXème siècle, « Adèle Berry » propose ainsi une comédie musicale : quatorze chanteurs-danseurs-comédiens y alternent scènes jouées et chantées avec le soutien d’un orchestre (piano, percussions, violoncelle et clarinette). Un décor mobile et des accessoires évoquent les changements de lieux tandis que l’orchestre reste dans la pénombre derrière un tulle. On pense à Brecht/Weil, en moins rude ou à Marc Twain, en moins social. Si l’action démarre un peu mollement, offrant un jeu peu assuré (nous étions à la deuxième), le premier morceau musical emporte l’enthousiasme du critique un peu grincheux : Emma la gouvernante et Adèle la jeune fille y manifestent la joie de jouer un quatre mains au piano, la partition d’« Adèle Berry » (signée Yanoiwski) qui pioche dans les sonorités est-européennes, à la fois élégante et dynamique. La chorégraphie, d’abord un peu sommaire, finit par trouver sa place sur un plateau ou ça bouge et virevolte avec allégresse.
Rapidement, le miracle opère : la troupe trouve son rythme et le jeu finit par s’affirmer. Le sourire ne lâchera plus le visage du spectateur et c’est avec bonheur que l’on suivra les périples de cette Adèle à la si jolie voix (Céleste Hauser). En ces temps de disette, on est ravis qu’il y ait autant de monde sur scène, et on est content d’assister à une telle conjonction de talents au profit de ce spectacle vivant qui nous fait sortir le soir. Certes, pour des questions d’équilibre entre les voix solistes, le chœur et l’orchestre, tous et toutes sont sonorisés mais c’est bien en direct intégral que chacun et chacune des chanteurs et chanteuses, que chacune et chacun des musiciens chante et joue, fort bien et fort juste.
De Yanowski, librettiste et compositeur d’Adèle Berry, à l’initiative de ce beau projet, nous devons confesser ici que nous ne connaissions hélas rien, même pas « le cirque des mirages », duo de chansons expressionnistes avec qui il semble avoir débuté en 2000. Outre « Adèle Berry », le théâtre Déjazet offre jusqu’au 26 avril la possibilité de découvrir 5 autres de ses œuvres, tour de chant, conte ou cirque musical : une belle occasion de découvrir ou redécouvrir un talent qui, si l’on en juge « Adèle Berry », démontre une belle maitrise de la musique et du conte.

Eric Dotter



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique