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Notre cher auteur (jusqu’au 28 avril)
le 24/02/2026
au
sein de la Scène parisienne, 34 rue Richet 75009 Paris (les mardis à 19h30)
Mise en scène de Jean-Philippe Azéma avec Marie-Hélène Lentini, Jean-Philippe Azéma, François Legrand et François Nambot écrit par Ana-Maria Bamberger
Anton est auteur de pièces de théâtre : il est tranquillement installé à une terrasse de café quand Serge, une connaissance, arrive par hasard et entreprend celui qui a décidé de cesser l’écriture dramaturgique et de se lancer dans le roman. C’est que Serge, que l’on devine un peu sans contrat, est en recherche d’une pièce dans laquelle il pourrait mettre en scène Mathilde, l’actrice récemment rencontrée, dont il est follement amoureux et, au passage, se distribuer lui-même. Des pièces, Anton n’en voit pas… A moins que « Fin d’automne », cette pièce narrant le sort d’une ancienne gloire de la scène gravement souffrante, se retirant en plein automne au bord de la mer, ne puisse faire l’affaire ? A la condition expresse de ne rien changer au texte. Mais Serge, et surtout Mathilde, voient les choses tout autrement. Ils n’auront de cesse de convaincre l’auteur que leur version, beaucoup plus comique que le texte d’origine, est celle qui doit être montée. Anton se laissera-t-il convaincre ? Ne disons rien, et gardons un peu de suspens à cette comédie poussive. Parmi les innombrables avatars de ce théâtre qui se regarde, voici donc la dernière version. On y découvre un décor fait de projections de dessins style BD (assez laids) censés prolonger l’action qui se déroule en coulisses. Mais surtout, on assiste à un festival de trucs et astuces dans lequel des comédiens rodés tentent de tirer un moyen de valoriser un pauvre texte indigent. Côté distribution et jeu donc, on assiste à un festival de caricatures, l’auteur Anton (clin d’œil à Tchekhov sûrement !) est un peu fort, chauve et a des lunettes. Serge, le comédien, est forcément un peu roublard et beau gosse, quant à Mathilde (Marie-Hélène Lentini, dont le nom motivait notre venue), c’est forcément une diva volubile. On mentionnera pour mémoire le beau-fils de Mathilde, forcément jeune et fougueux. L’ennui le dispute à une certaine gêne de voir des comédiens chevronnés s’embourber dans un spectacle aussi mal écrit que pauvrement mis en scène.
Eric Dotter
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