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Il maestro
Sortie
le 11/03/2026
De Andrea Di Stefano avec Pierfrancesco Favino, Tiziano Menichelli, Giovanni Ludeno, Dora Romano, Paolo Briguglia et Valentina Bellé
Années 1980, un ancien joueur de tennis devient l’entraîneur d’un jeune talent timide, écrasé par les attentes de son père.
N’allez surtout pas croire qu’avec un titre pareil, il soit question de « maître » du type chef cuisinier, chef d’orchestre ou tout autre métier dit artistique ou culinaire qui puisse être « glorifié » de la sorte ! Non, ici, c’est plutôt tout le contraire, un ex-tennisman professionnel d’origine italienne qui, faute d’avoir su briller longtemps sur les courts, a fait une carrière médiocre, et s’est reconverti dans le coaching ou, si vous préférez, dans l’entraînement en donnant des cours particuliers à de possibles « futurs » champions. Et ce dernier est en réalité un « maître » à sa façon, dans le fait de draguer impunément, de se la couler douce dès qu’il le peut et de profiter de certaines largesses qui lui sont parfois octroyées par autrui. Dans ce rôle qui lui va comme un gant, c’est Pierfrancesco Favino (Les promesses ; Dernière nuit à Milan ; Le comte de Monte-Cristo ; Maria) qui s’y colle à merveille, avec une délectation non-dissimulée en joueur de tennis déçu. S’il est parfait en tout point dans cette interprétation pleine de nuances, il se fait presque voler la vedette par le jeune Tiziano Menichelli en élève frustré, impressionnant de naturel et d’expressivité (ah, ce regard noir ou alors étonné !), en un mot, une révélation ! Le duo fonctionne à merveille à l’écran, au point qu’on aimerait beaucoup que tout se déroule pour le mieux pour eux deux (afin de « lui faire prendre son envol et ne pas le couler ! »), d’autant que l’un vient de sortir de l’hôpital et que l’autre a un père obsessionnel qui ferait presque passer celui des sœurs Williams pour un gentil « pépère ». Il est bien évidemment question de tennis et, de ce côté-là, on est « servi(ce) » par quelques échanges sporadiques (n’est pas Lendl ou Vilas qui veut, même s’ils sont cités à plusieurs reprises ici !). Mais le fond du sujet est plus porté sur la possible rédemption et le passage de l’adolescence à l’âge adulte, entre peurs de l’un et insécurités de l’autre. Le réalisateur - et acteur - Andrea Di Stefano (Paradise lost ; The informer ; Dernière nuit à Milan) semble avoir quelque peu hésité à jouer à fond la carte de la comédie « à l’italienne », préférant se pencher sur l’affrontement intérieur de chacun des protagonistes (« les défaites font partie de la vie »), tout en y injectant parfois quelques dialogues comiques fort savoureux. Si la mise en scène peut vous paraître « passéiste » comme si le film avait été ressorti d’un tiroir des années après son tournage, c’est voulu - l'histoire se passe dans les "eighties" - afin de lui donner un cachet un tant soit peu « vieillot » qui indéniablement a son charme. Outre sa longueur (plus de 2 heures), cette production renoue avec la veine (à succès ?) des longs métrages italiens d’antan et çà, ce n’est pas pour nous déplaire, loin de là, bien au contraire !
C.LB
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