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Màrama
Sortie
le 22/04/2026
De Taratoa Stappard avec Ariàna Osborne, Toby Stevens, Umi Myers, Evelyn Towersey, Erroll Shand et Jordan Mooney
Dans les landes désolées du Yorkshire du Nord en 1859 à l’époque de l’Angleterre Victorienne, Mary Stevens, une femme māorie en quête de vérité sur ses origines, rejoint le manoir Hawkser. Entre les couloirs lugubres, apparaissent alors d’ancestrales visions qui révèlent peu à peu un mystère terrifiant.
Comment ne pas penser tout de suite, en voyant les toutes premières images, au film La leçon de piano de Jane Campion, sorti de 1993 et récompensé d’une Palme d’or à Cannes, une première pour une réalisatrice ? Même époque dépeinte, mêmes costumes chamarrés, même coiffure lisse, même fillette (de 9 ans également) et mêmes tatouages énigmatiques ! A l’exception que nous ne sommes plus en Nouvelle-Zélande mais bel et bien en Angleterre, et que c’est une jeune femme maori qui arrive dans un grand château britannique et non une mère anglosaxonne et sa fille qui débarquent sur les plages d’un pays lointain, au bout du monde. De la Nouvelle Zélande, nous ne verrons rien – ou presque -, juste une maison ancestrale réinstallée dans un jardin anglais, des masques impressionnants, une danse tribale et des mots maoris employés ici et là. Passés ces quelques « rapprochements » voire similitudes, nous voilà plongés dans un film de genre assez violent – les hommes tabassent les femmes et certaines d’entre elles se vengent sans aucune retenue ni aucun scrupule ! -, d’autant que la BO ne fait pas de doute là-dessus, aux sonorités épouvantables et effrayantes comme toute partition d’une production dramatique de ce type qui se respecte. De plus, le manoir « english » ressemble à l’un de ces vieilles demeures qu’on aime tant voir dans un long métrage dit d’horreur, des miroirs sont placés un peu partout pour mieux nous surprendre un coup sur deux, des cris viennent ponctuer l’histoire en retentissant dans nos tympans à chaque fois que l’héroïne à des visions cauchemardesques – et elle en a puisqu’elle a ce don divinatoire ! -, et des silences en disent long sur l’ambiance pesante qui règne en ce lieu soi-disant « maudit » viscéralement parlant. Si le réalisateur et scénariste néo-zélandais Taratoa Stappard (Emkhatsini ; Taumanu) s’amuse à nous taquiner les nerfs avec sincérité et subtilité autour de ses effets sombres inquiétants limite gothiques, ses références évidentes (« je suis ton père ! »), et son montage particulier – un coup lent, un coup sursautant -, bref, d’une manière plutôt surprenante, il a choisi un casting qui marque les esprits, en l’occurrence la néo-zélandaise Ariàna Osborne (aperçue dans Madam) qui s’est fait un look à la « Mercredi » (jouée par Christina Ricci dans La famille Addams), et l’acteur britannique Toby Stevens (Meurs un autre jour ; The machine ; 13 hours ; Hunter killer) en paternel pas très catholique pour ne pas dire carrément dégénéré. Autant tout ce petit monde, qui évolue devant nos yeux sans raison apparente et sans que l’on sache vraiment pourquoi, est inquiétant, autant la retenue qui était de rigueur depuis le début, se transforme d’un seul coup en bain de sang au final. Une curiosité horrifique qui aurait gagné en originalité et en intensité si elle ne s’était pas cantonnée à réemployer toujours les mêmes gimmicks et autres astuces maintes fois déjà vues à l’écran (le coup de visiter le château de nuit alors qu’on a tout le temps de le faire en plein jour) !
C.LB
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