| |
I swear / Plus fort que moi
Sortie
le 01/04/2026
De Kirk Jones II avec Robert Aramayo, Shirley Henderson, Maxine Peake, Scott Ellis Watson, Peter Mullan et Sanjeev Kohli
L'histoire vraie et le parcours semé d'embûches de John Davidson, un adolescent atteint du syndrome de la Tourette, une maladie encore méconnue dans les années 1980.
Définition du Syndrome de (Gilles) de La Tourette : c’est une maladie neurologique à composante génétique caractérisée par des tics involontaires, soudains, brefs et intermittents, se traduisant par des mouvements (tics moteurs) ou des vocalisations (tics sonores). Il s’ajoute fréquemment un ou plusieurs troubles du comportement : déficit de l’attention-hyperactivité, troubles obsessionnels compulsifs, crises de panique ou de rage, troubles du sommeil ou de l’apprentissage. Il s’ensuit donc de drôles de réactions aussi imprévisibles qu’incontrôlables qui peuvent aller de la simple insulte à la pire injure, de gros mots orduriers à des crachats inattendus en passant par des cris soudains et répétés, jusqu’à des gestes brusques, parfois violents mais néanmoins involontaires. Bref, une « maladie » vraiment à part, aussi handicapante pour celui ou celle qui l’a vit qu’effroyable pour tous ceux et toutes celles qui vivent à ses côtés ! Ce long-métrage – d’une durée de 2 heures que, fort heureusement, on ne voit pas passer ! – raconte la véritable existence de l’un d’entre eux, depuis son adolescence à Edimbourg en Ecosse en 1983, au moment où les premiers symptômes apparaissent, jusqu’à aujourd’hui, le générique de fin nous permettant de voir en images le vrai John Davidson ainsi que d’autres personnes avec ce même « mal » impossible à complètement soigner. Espérer vivre normalement est une gageure si on n’arrive pas à se contrôler un tant soit peu, et avoir une bonne dose de patience est le seul « remède » si on a décidé de s’en occuper tant bien que mal ! Force est de constater que ce film anglais de Kirk Jones II (Vieilles canailles ; Nanny McPhee ; Everybody’s fine ; Mariage à la grecque 2) est une réussite et un exploit à plusieurs titres : celui d’arriver à parfaitement équilibrer sa réalisation en parlant d’une « manifestation » neurologique très particulière que peu d’entre nous connaissent et cela sans nous ennuyer une minute ni sans vouloir être pédagogue à tout prix, ainsi que celui d’avoir choisi un casting à la fois brillant, sincère, époustouflant et prometteur, notamment Scott Ellis Watson dans la peau de John enfant et surtout Robert Aramayo (Nocturnal animals ; The king’s man première mission) dans le rôle-titre à l’âge adulte qui a bien mérité son BAFTA – l’équivalent anglais de nos Césars - du meilleur acteur pour son incroyable prestation plus vraie que nature ; Maxine Peake (Une merveilleuse histoire du temps) en « mère (de substitution) » compréhensive, et Peter Mullan (Petits meurtres entre amis ; Trainspotting ; My name is Joe ; Rédemption ; Les fils de l’homme ; Cheval de guerre) qui illumine l’écran à chacune de ses apparitions toujours remarquées, aussi crédibles que chaleureuses. Ce sujet biographique social à la fois sensible, profond, juste et empathique mais sans aucune forme de misérabilisme, en un mot, humain, qui devrait à coup sûr être rendu d’utilité publique, est de plus non-dénué d’un irrésistible sens de l’humour (« so typical english » !) et d’une BO branchée de l’époque (New Order ; Portishead ; Oasis…), ce qui le rend encore plus attachant, attrayant et passionnant malgré le drame plus ou moins latent qui se joue devant nous. Car être traité de manière si injuste pendant toute son existence vaut bien au final – et pour bon nombre d’actes d’inclusion, de force d’actions et autres services rendus à ce « trouble » plutôt rare (estimé à 1 cas sur 2000) auprès du grand public britannique - une décoration des mains de feu-la reine Elisabeth II, vous ne croyez pas ?
C.LB
|