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- expo : Gestes d’Éternité au Musée national de Préhistoire, Les Eyzies en Dordogne (jusqu'au 08 novembre)

le  04/04/2026   au Musée national de Préhistoire, 1 rue du musée 24620 Les Eyzies-de-Tayac (Juillet et août : de 9h30 à 18h30 sans interruption / Juin et septembre : de 9h30 à 18h, fermé le mardi / D’octobre à mai : de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h30, fermé le mardi)

Mise en scène de Nathalie Fourment, directrice du Musée national de Préhistoire, et Brad Gravina, ingénieur en charge des collections du Paléolithique ancien et moyen avec divers objets, ossements et parures écrit par ou plutôt proposé par Maïwenn Courcelle, Musée national de Préhistoire


Exposition organisée par le Musée national de Préhistoire et le GrandPalaisRmn

Les pratiques mortuaires et funéraires attestent depuis au moins 100 000 ans de pensées symboliques spécifiques tant chez les premiers hommes anatomiquement modernes (Homo sapiens) que chez les néandertaliens. Cela relève d’une capacité d’abstraction que l’on retrouve aussi dans l’attrait pour les beaux objets, la production des parures, l’usage des matières colorantes, le développement des productions graphiques. Ces phénomènes témoignent de l’émergence de la pensée dite symbolique.
Le cadre chronologique choisi est celui qui conduit des premiers témoignages de sépultures et gestes funéraires du Paléolithique jusqu’au Mésolithique, il y a environ 8000 ans.
Cette exposition se propose de témoigner de la diversité des pratiques puisque la sépulture primaire d’un individu en pleine terre n’est qu’un exemple parmi des dizaines d’autres gestes connus, dont la signification réelle pose bien sûr de nombreuses questions. Elle ambitionne de montrer comment le traitement des morts, en tant que fait culturel, renvoi à des préoccupations d’organisation sociale. Il s’agit aussi de comprendre comment l’archéoanthropologie parvient à analyser ces gestes en ce qu’ils nous racontent des préoccupations des vivants.
Le parcours met en lumière les collections anthropologiques conservées au musée et bénéficie de prêts exceptionnels issus de diverses institutions françaises et européennes. Citons à titre d’exemple, les parures des enfants de Krems, la dame du Cavillon, les vestiges humains de Cro-Magnon ainsi que des ossements humains transformés tel que des
gobelets crâniens.
Cette démarche permet de souligner l’importance des collections dites « anciennes » dans la recherche la plus contemporaine.
Des prêts de pièces ethnographiques et issues de périodes historiques plus récentes (vase canope égyptien et plaque de cœur royale) viennent créer des liens entre ces gestes anciens et le caractère universel du rapport à la Mort.

Une diversité de moyens scénographiques sont offerts au public : fac-similé de sépulture et parcours de réalité virtuelle, notamment pour les sites de la Grotte de Cussac et de la sépulture de Casseneuil, témoins de l’actualité d’une recherche encore peu dévoilée.
L’objectif est en effet de présenter aussi les résultats les plus récents de travaux archéologiques de terrain, qu’ils soient en cours — comme ceux menés sur la grotte ornée et sépulcrale de Cussac (Dordogne, Gravettien, il y a 30 000 ans) — ou récemment achevés, à l’image de la sépulture mésolithique de Casseneuil (Dordogne, fouille Inrap, 2021).
L’introduction d’un personnage récurent, créé par le dessinateur Pierre Mortel, dont les illustrations mêlent poésie et humour vient accompagner le visiteur dans sa rencontre avec la part intangible du passé, les intentions que l’on devine par les traces parvenues jusqu’à nous.

*Cette exposition bénéficie de prêts exceptionnels du Muséum national d’Histoire naturelle.

-La scénographie :
Le projet scénographique repose sur une double inscription spatiale, articulant une insertion thématique au sein du parcours permanent du musée et un déploiement dialectique dans la salle d’exposition temporaire. Cette organisation accompagne progressivement le visiteur, depuis l’observation des vestiges archéologiques jusqu’à une réflexion élargie sur les relations humaines à la mort, en maintenant un équilibre entre compréhension scientifique, expérience sensible et continuité de visite.

Dispositifs dans le parcours permanent :
*Un espace introductif : ateliers, détente et sémantique
Ce premier espace constitue une véritable antichambre de l’exposition. Conçu comme un lieu ouvert et accueillant, il associe ateliers pédagogiques en petits groupes, espace de détente avec livres jeunes publics sur le sujet, en accès libre et introduction visuelle aux notions essentielles de l’exposition grâce à une présentation claire des mots-clefs. L’ambiance scénographique installe d’emblée un climat propice à la compréhension et à la transmission.

*Les premières sépultures : Paléolithique moyen
Dans la Galerie basse, les ensembles du Moustier, du Roc de Marsal et de Qafzeh permettent d’aborder l’émergence des pratiques funéraires en Europe de l’Ouest et au Proche-Orient. La scénographie renouvelle leur lecture par des habillages graphiques, des coffrages et des dispositifs textuels qui les inscrivent dans la narration générale de l’exposition.
L’exposition est aussi l’occasion d’offrir une nouvelle vitrine pour une approche beaucoup plus sensible des sépultures des enfants néandertaliens.

*Approches archéothanatologiques et culturelles : l’espace immersif de Cussac
À partir de l’exemple majeur de la grotte ornée et sépulcrale de Cussac, cet espace développe la démonstration scientifique de la diversité et de la complexité des gestes funéraires dans ce site singulier et de ce qu’ils révèlent des sociétés. Vestige osseux unique, impression échelle 1 de tout un espace de la grotte, visite virtuelle tridimensionnelle, panneaux et projections composent un dispositif immersif inédit.

*Cro-Magnon : sépultures et parures
La vitrine consacrée à Cro-Magnon met en évidence la dimension symbolique des pratiques funéraires à travers l’association d’ossements ocrés et de parures. Le traitement scénographique introduit textes, archives et mise en couleur spécifique, tout en respectant les contraintes de conservation des restes humains.

*La sépulture de la Dame Saint-Germain-la-Rivière, celles de Roc de Cave et de l’enfant de la Madeleine :
La mise en relation des restes humains et des parures provenant d’un même contexte archéologique vise à restituer l’unité funéraire aujourd’hui dispersée.
Ces sépultures du parcours permanent permettent d’évoquer par une présentation sensible des vestiges humains et leur mise en relation avec les éléments exceptionnels de parures qui leur étaient associés dans la tombe. Cet associant interroge sur les organisations des sociétés de la Préhistoire et constitue un lien étroit avec les ambitions de la salle d’exposition temporaire.

Parcours en salle d’exposition temporaire :
Occupant environ 110 m², la salle d’exposition temporaire développe une progression thématique approfondissant les dimensions scientifiques, culturelles et symboliques des gestes mortuaires et funéraires.

*Introduction générale
L’entrée présente l’enjeu de cette question de la diversité des pratiques funéraires et mortuaires, au cours de l’histoire et dans de nombreuses cultures du monde. Cette mise en perspective comparatiste fonde le propos général du sujet du rapport à la mort et aux soins portés aux défunts qui unit les diverses sociétés humaines. L’introduction rappelle aussi l’histoire de la longue reconnaissance de ces préoccupations symboliques chez les plus anciennes sociétés humaines.

*L’émergence des pratiques funéraires :
À partir de Sima de los Huesos, cette section interroge l’apparition des gestes mortuaires et leur signification évolutive. La présentation d’un crâne humain établit un lien visuel et conceptuel avec les sépultures du parcours permanent, assurant la cohérence du récit muséal.

*Diversité des gestes et des pratiques :
Plusieurs sites européens illustrent la multiplicité des traitements du corps et la transformation possible d’ossements humains en objets. Les dispositifs muséographiques proposent une lecture conjointe, scientifique et anthropologique, de ces pratiques complexes.

*Au-delà des gestes :
Cette séquence élargit la réflexion au choix des lieux d’inhumation, à la place des enfants, aux statuts sociaux possibles et aux liens entre sépultures et sites ornés. Elle ouvre ainsi vers une compréhension sociale et symbolique de la mort.

*Approches archéothanatologiques : Casseneuil
Un espace immersif dédié restitue successivement la fouille archéologique puis l’analyse en laboratoire de la sépulture double de Casseneuil. Cette section met en lumière la construction du savoir scientifique et constitue la mise en lumière d’une approche méthodologique au sein de l’exposition.

*Conclusion et ouverture :
Le parcours s’achève par une ouverture chronologique vers le Mésolithique et un élargissement aux pratiques funéraires contemporaines dans le monde. Des supports audiovisuels invitent ainsi le visiteur à relier les sociétés préhistoriques à l’humanité actuelle.
Enfin, la présentation des vestiges humains aux publics est un sujet sensible des approches muséographiques actuelles. Le Musée national de Préhistoire a ainsi fait le choix d’une scénographie sobre dans sa mise en couleur et en forme, favorisant par des coffrages de vitrines et une mise en lumière soignée, une approche sensible et respectueuse.
D’autre part, afin de renforcer ce lien entre les sociétés anciennes et nos sociétés contemporaines, l’ensemble du parcours d’exposition est ponctué des illustrations du dessinateur Pierre Mortel, offrant un regard teinté d’humour, délicat et poétique sur les relations de l’Homme à la Mort.



 
 
 
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