en 
 
 
cinema
Théâtre nouveautés festival   > actu <

 
 

- expo : Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes à la Cité du Vitrail, Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes (jusqu'au 31 octobre)

le  05/05/2026   au sein de la Cité du Vitrail, Hôtel-Dieu-le-Comte à Troyes

Mise en scène de Nicolas Dohrmann, directeur des Archives et du patrimoine de l'Aube avec des oeuvres majeures, des dispositifs numériques et une reconstitution en trois dimensions écrit par ou plutôt proposé par Philippe Dallemagne, Président du Département de l’Aube




« Passavant li meillor ! » Ce cri, lancé sous la bannière des comtes de Champagne résonnait au Moyen Âge comme un appel à l’élan, à l’excellence et au dépassement. Huit siècles plus tard, il donne son nom à une exposition exceptionnelle présentée à Troyes du 5 mai au 31 octobre 2026.

Avec « Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes », le Département de l’Aube propose une plongée spectaculaire dans quatre siècles d’histoire, du Xe siècle jusqu’au rattachement du comté au royaume de France en 1361. Pendant cette période , la Champagne s’impose comme l’une des principautés les plus puissantes d’Europe, au coeur des échanges commerciaux , des réseaux politiques et de la création artistique médiévale.

Près de 300 oeuvres et documents exceptionnels seront réunis pour l’occasion, grâce aux prêts consentis par plus de cinquante institutions françaises et internationales . Manuscrits enluminés, vitraux, sculptures monumentales, tombeaux princiers, reliquaires, pièces d’orfèvrerie, mobilier archéologique, sceaux et monnaies restitueront le faste d’une cour qui compta parmi les plus brillantes du royaume.
Événement sans précédent, l’exposition réunira également pour la première fois depuis le XVIIIe siècle une vingtaine de panneaux de vitrail réalisés vers 1170-1180 pour la cathédrale romane de Troyes et aujourd’hui dispersés entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Québec . Ces chefs d’oeuvre du style 1200 retrouveront, le temps d’une saison, leur cohérence historique.

Déployée sur 560 m² au premier étage de l’Hôtel-Dieu-le-Comte, fondé au milieu du XIIe siècle par Henri Ier le Libéral, l’exposition propose un parcours dynamique mêlant oeuvres majeures, dispositifs numériques et reconstitution en trois dimensions du palais des comtes de Champagne.

Au delà de l’exposition, une grande saison culturelle prolongera l’événement à travers conférences, expositions partenaires, journées d’étude, reconstitutions et manifestations festives sur l’ensemble du territoire.

Par l’ampleur de ses prêts internationaux, la réunion d’oeuvres dispersées depuis des siècles et la qualité de sa mise en scène, « Passavant le meilleur ! » s’annonce comme l’un des grands rendez vous patrimoniaux de 2026.

-Une principauté au cœur de l’Occident :
L’histoire de la Champagne comtale demeure encore trop souvent méconnue de ceux-là mêmes qui en habitent le territoire. Pourtant, entre le Xe et le XIVe siècle, le comté de Champagne s’imposa comme l’une des grandes puissances du royaume de France. Sous l’autorité d’une dynastie ambitieuse – dont l’ascension culmine avec Henri Ier le Libéral, Thibaud III puis Thibaud IV, futur roi de Navarre –, la Champagne connut un rayonnement décisif.
Les foires, organisées autour d’un cycle annuel reliant Bar-sur-Aube, Troyes, Provins et Lagny, assurèrent au comté une place sans équivalent dans le commerce international des XIIe et XIIIe siècles. Marchands italiens, flamands, ibériques et germaniques y convergèrent, faisant de la principauté un carrefour majeur de l’économie médiévale.
Parallèlement, la protection comtale favorisa l’essor d’abbayes et d’ordres religieux dont l’influence dépassa largement les frontières régionales. La figure de Bernard de Clairvaux, la présence intellectuelle d’Abélard, l’implantation des Cisterciens, des Prémontrés, des ordres militaires ou encore le dynamisme des communautés juives témoignent d’une vitalité spirituelle et intellectuelle exceptionnelle. À Troyes et à Provins, les comtes et comtesses accueillirent une cour littéraire où brilla Chrétien de Troyes, tandis que s’affirmait une culture de cour raffinée, nourrie de mécénat princier et d’une création artistique originale.
L’exposition propose ainsi un véritable voyage dans les fastes de la cour de Champagne, mais aussi dans la vie quotidienne d’une société complexe, urbaine et rurale, marchande et agricole, chrétienne et juive, tournée vers l’Occident comme vers l’Orient.

-Réunir l’inestimable : des trésors venus du monde entier
D’une ampleur inédite, l’exposition rassemble à Troyes des œuvres aujourd’hui dispersées dans des collections publiques et privées à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Plus de cinquante institutions françaises et internationales (parmi lesquelles le Metropolitan Museum of Art de New York, les Archives royales de Navarre à Pampelune, le Victoria and Albert Museum de Londres mais aussi le Louvre, les Archives nationales et le musée national du Moyen Âge…) ont accepté de prêter des pièces majeures, témoignant de la dimension européenne du comté de Champagne.
Manuscrits enluminés, vitraux, sculptures – dont les tombeaux princiers –, pièces d’orfèvrerie, reliquaires, sceaux, monnaies, archives diplomatiques et objets archéologiques dialoguent pour restituer le faste des comtes et la densité d’une civilisation.

Parmi les œuvres phares figurent la statue de Jeanne de Navarre en fondatrice (vers 1310), exceptionnelle figure princière conservée à Berlin, le spectaculaire reliquaire du Saint-Sépulcre de Pampelune, ou encore le denier frappé à Provins au nom de Thibaud IV, témoignage tangible de l’autorité comtale et du dynamisme économique champenois.
Les manuscrits enluminés occupent une place centrale dans le parcours : la célèbre Vie de saint Louis de Joinville, la Bible d’Henri le Libéral, ou encore un exemplaire du Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes rappellent l’intensité de la vie intellectuelle et littéraire de la cour.
Moment exceptionnel : la réunion, pour la première fois depuis le XVIIIe siècle, d’une vingtaine de panneaux de vitrail réalisés vers 1170-1180 par un atelier troyen pour la cathédrale romane de Troyes. Dispersés entre les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et le Québec, ces fragments majeurs du style 1200 retrouveront, le temps d’une saison, leur cohérence historique. Les anges thuriféraires aujourd’hui conservés à New York dialogueront ainsi avec d’autres panneaux revenus à Troyes, au sein même d’un lieu fondé au XIIe siècle par Henri Ier le Libéral.
En amont de l’exposition, ces vingt panneaux feront l’objet d’analyses archéométriques approfondies — spectroscopie optique, colorimétrie, fluorescence X et photogrammétrie — menées en partenariat avec le laboratoire IMPMC de la Sorbonne. Ce programme scientifique permettra d’approfondir les connaissances sur la coloration des verres et des grisailles, ainsi que sur la composition des matériaux de ces vitraux du XIIe siècle, dont peu d’exemplaires sont aujourd’hui conservés.

-Un parcours clair, une ambition scientifique affirmée :
Déployée sur l’ensemble du plateau du premier étage de l’Hôtel-Dieu-le-Comte – soit près de 560 m² incluant la chapelle –, l’exposition adopte un parcours à la fois chronologique et thématique.
Des origines de la principauté à l’affirmation du pouvoir comtal, le visiteur découvre la construction d’un État princier, le jeu des relations féodales, les ambitions croisées des comtes devenus rois de Navarre ou engagés en croisade. Une attention particulière est portée aux modalités d’un gouvernement exercé parfois à distance, entre Champagne et péninsule Ibérique, grâce à un réseau de châteaux, de résidences et d’officiers.
Le parcours met également en lumière la diversité de la société champenoise : aristocratie, princes de l’Église, communautés monastiques et mendiantes, ordres militaires, communautés juives, populations urbaines et rurales. Les foires de Champagne y apparaissent comme l’un des moteurs essentiels de cette prospérité.
Une large section est consacrée aux arts et à la culture : bibliothèques princières, mécénat féminin – notamment celui de Marie de France –, création manuscrite, orfèvrerie, sculpture et vitrail. Elle souligne les échanges artistiques entre l’Île-de-France et la Champagne, tout en affirmant la singularité d’un foyer troyen particulièrement actif à la fin du XIIe siècle.
Enfin, l’exposition interroge la mémoire de cette histoire : que subsiste-t-il aujourd’hui du comté de Champagne ? Quels lieux, quelles œuvres, quelles représentations en perpétuent le souvenir ?

-Une scénographie responsable et immersive :
Comme pour chacune des grandes expositions organisées par le Département de l’Aube, une scénographie didactique et immersive a été spécifiquement conçue pour l’événement. Réalisée grâce à la collaboration étroite de la Direction des Bâtiments et de la Direction des Archives et du Patrimoine (Archives départementales, Cité du Vitrail, service de valorisation culturelle et pédagogique), elle conjugue exigence scientifique, maîtrise technique et mise en valeur sensible des œuvres.
Des dispositifs multimédias, cartographies animées et reconstitutions numériques accompagnent le parcours afin d’en faciliter la compréhension pour tous les publics.
Une saison culturelle pour tout un territoire « Passavant le meilleur ! » constitue le cœur d’une grande saison culturelle orchestrée par le Département de l’Aube tout au long de l’année 2026.
Expositions-dossiers en partenariat avec les institutions patrimoniales du territoire comme à Paris avec l’exposition « Les Juifs de Champagne » aux Archives nationales et qui deviendra itinérante, reconstitution numérique en 3D du palais des comtes de Champagne et de la collégiale SaintÉtienne, cycle de conférences, colloque international à Troyes et à Provins, et journées d’étude consacrées aux foires et au vitrail troyen, concerts, ateliers pédagogiques et fête médiévale viendront prolonger l’exposition auprès de tous les publics.
Des partenariats avec les départements de l’ancienne principauté – Aisne, Seine-et-Marne, Marne et Haute-Marne – ainsi qu’avec des institutions navarraises rappelleront l’extension historique du domaine champenois et la dimension européenne de son héritage.

-Un écrin exceptionnel : l’Hôtel-Dieu-le-Comte
L’exposition prend place dans un lieu chargé d’histoire. Fondé dans les années 1150 par Henri Ier le Libéral pour accueillir les pauvres et les malades, l’Hôtel-Dieu-le-Comte fut pendant huit siècles un établissement hospitalier majeur de la ville de Troyes. Reconstruit au XVIIIe siècle, puis acquis par le Département de l’Aube en 1990, il est devenu un haut lieu culturel, universitaire et touristique.
Depuis 2022, il accueille la Cité du Vitrail, équipement emblématique consacré à l’art verrier.
Présenter « Passavant le meilleur ! » dans ce bâtiment fondé par un comte de Champagne confère à l’exposition une résonance particulière : le lieu et le sujet se répondent, inscrivant l’événement dans une continuité historique exceptionnelle.



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique