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- expo : Esclaves en méditerranée à l'IMA (Institut du Monde Arabe) jusqu'au 19 juillet
le 31/03/2026
au
sein de l'Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard Place Mohammed V 75005 Paris
Mise en scène de Meredith Martin (New York University), de M’hamed Oualdi (Sciences Po) et de Gillian Weiss (Case Western Reserve University) avec des peintures, des dessins, des sculptures, des armes maritimes, des manuscrits, des talismans et des lettres écrit par ou plutôt proposé par Djamila Chakour, chargée de collections à l’Institut du monde arabe
Le commissariat international réunit des spécialistes de l’histoire du Maghreb et de la Méditerranée moderne, croisant approches historiques et artistiques pour restituer la complexité de l’esclavage méditerranéen et de ses héritages.
Du 31 mars au 19 juillet 2026, l’Institut du monde arabe présente la première exposition en France et dans le monde consacrée à l’histoire des musulmans et des chrétiens réduits en captivité des deux côtés de la Méditerranée aux XVIIe et XVIIIe siècles. Moins connue que l’esclavage atlantique, cette histoire a profondément marqué les sociétés européennes et nord-africaines. Entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, plus de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont capturés par des corsaires chrétiens et musulmans et vendus sur les marchés d’Alger, Tunis ou Tripoli, ou asservis dans les ports d’Europe méditerranéenne. Principalement fondé sur des différences religieuses, cet esclavage structure durablement les échanges, les conflits et les imaginaires de la région.
-Redonner à voir un monde perdu : L’exposition met en lumière l’impact de cette histoire sur l’art et la culture matérielle en Europe. À travers peintures, dessins, sculptures, armes maritimes, manuscrits, talismans et lettres de captifs, elle offre des clés de lecture pour comprendre le contexte de production de ces œuvres, souvent conservées dans de grands musées sans que leur lien avec l’esclavage méditerranéen ne soit explicité.
Parmi les œuvres présentées figurent un dessin d’un esclave musulman réalisé par Charles Le Brun, des représentations inspirées des Quattro Mori de Pietro Tacca, ainsi qu’un album exceptionnel d’Ignazio Fabroni montrant des galériens au travail et au repos.
-S’approcher des vies et des paroles des captifs : Conçu comme un parcours immersif, l’exposition retrace le destin des captifs, de leur capture à leur éventuel rachat ou libération, en passant par les travaux forcés dans les arsenaux et sur les galères. Leurs écrits, accompagnés d’enregistrements sonores, font entendre leurs voix, leurs souffrances, mais aussi leurs stratégies de survie et leurs solidarités. Une attention particulière est portée aux esclaves musulmans en Europe méditerranéenne et à leur contribution aux cultures des XVIIe et XVIIIe siècles.
-Les derniers siècles d’une longue histoire : Si l’esclavage en Méditerranée remonte à l’Antiquité, l’exposition éclaire sa dernière grande phase à l’époque moderne, jusqu’aux années 1830. Une œuvre contemporaine vient enfin interroger la mémoire et les oublis de cette histoire, ainsi que les débats actuels autour de ses représentations artistiques.
*Ce projet a reçu un financement du Conseil européen de la recherche (ERC) dans le cadre du programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne (convention n°819353).
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