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Le virtuose
Sortie
le 27/05/2026
De Daniel Roher avec Leo Woodall, Havana Rose Liu, Dustin Hoffman, Lior Raz, Jean Reno, Tovah Feldshuh et C.S. Lee
Doté d’une ouïe exceptionnelle, un jeune accordeur de piano voit sa vie basculer lorsque son talent attire l’attention de criminels qui l’entraînent dans une série de cambriolages de plus en plus risqués. Malgré lui, il s’enfonce dans un engrenage dangereux qui pourrait lui coûter bien plus que sa liberté.
Avec un tel titre, ce film ne pouvait décemment pas occulter de « parler » musique et elle est ici majestueusement représentée, d’abord à travers une BO très branchée jazz (Herbie Hancock fait une très courte apparition) et, ensuite, grâce à la présence de plusieurs pianos en veux-tu-en-voilà (merci à la marque Yamaha qui semble avoir fait sa pub en sponsorisant la plupart des scènes avec la présence de ce bel instrument !). Outre la virtuosité des extraits joués ou diffusés en bande-son, il y a aussi celui qui permet de rendre le piano digne d’intérêt à son écoute et, pour cela, une oreille « extra » fine n’est pas de refus, d’autant plus si celle-ci peut servir à un autre emploi moins « honnête » mais plus rémunérateur. De l’un à l’autre, il n’y a qu’un pas que va vite franchir ce jeune accordeur surdoué qui possède l’oreille absolue. Pour interpréter cet « apprenti » hyper-sensible aux bruits environnants, le réalisateur canadien Daniel Roher (Once were brothers – Robbie Robertson and the band) a fait appel à l’acteur anglais Leo Woodall (vu dernièrement dans Bridget Jones – folle de lui et Nuremberg) qui devrait rapidement devenir la nouvelle coqueluche du cinéma international. Outre son flegme nonchalant, plus son attitude cool et débonnaire en toute circonstance, il dégage un talent fou et un charme évident qui rendent cette production aussi distrayante qu’attachante. La présence de Dustin Hoffman y est également pour beaucoup avec son air toujours goguenard et son sourire en coin, tout comme celle de Jean Reno, en pleine démonstration d’un « maestro » à l’égo surdimensionné. Quant à la prestation féminine de l’américaine Havana Rose Liu (aperçue dans The sky is everywhere et Sans issue), elle est fort honorable et devrait elle aussi crever l’écran bientôt. Tout est réuni pour que ce long-métrage réussisse son coup, celui de nous faire aimer autant l’histoire – certes assez prévisible quant aux compétences évidentes pour l’ouverture de coffres-forts récalcitrants et cela sans chignole, mais néanmoins touchante – que la prestation du casting choisi – rodé à ce type d’exercice à la fois côté gentils (voir la liste dite « ludique » ci-dessus) que côté « méchants » (les voleurs sont tous assez caricaturaux, aussi empotés qu’attendrissants). Quoi qu’il en soit, on s’amuse, tout autant que les acteurs d’ailleurs, à les voir déambuler nonchalamment sans se prendre une seconde au sérieux pour le plus grand plaisir de citer quelques répliques bien pensées ici et là. Bref, du feel good movie pas loin du film Rain man – cité une fois dans les dialogues - dans lequel Dustin Hoffman avait fait sensation en son temps en jouant cette fois-ci une autre forme d’handicap(é) !
C.LB
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