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- expo : Arash Nassiri - Night Mode à la Fondation Pernod Ricard (jusqu'au 18 juillet)
le 12/05/2026
au
sein de la Fondation Pernod Ricard, 1 Cours Paul Ricard 75008 Paris (ouvert du mardi au samedi de 11h à 19h)
Mise en scène de Franck Balland, commissaire de l'expo avec des objets, des vidéos... écrit par ou plutôt créé par Arash Nassiri
Lorsqu’en 2024 une rencontre entre les équipes de la Chisenhale Gallery à Londres et celles de la Fondation Pernod Ricard a donné lieu à de premiers échanges autour du travail de l’artiste Arash Nassiri, il nous est rapidement apparu qu’il s’agissait de bien plus qu’une simple convergence de regards curatoriaux. [...] Aujourd’hui, cette collaboration se matérialise à travers l’exposition personnelle d’Arash Nassiri Night Mode. Il s’agit de la première présentation monographique de l’artiste dans une institution en France, après une première étape à Londres (Chisenhale Gallery) en début d’année.
Au‑delà de Paris, l’exposition se déploiera à Berlin, puis à Copenhague, témoignant d’une volonté partagée de penser l’art comme une trajectoire ouverte sur des horizons pluriels et durables.
-L'artiste : Né à Téhéran en 1986 et ayant vécu les premières années de sa vie au Lignon, près de Genève, dans un grand ensemble emblématique des utopies architecturales des années 1960, Arash Nassiri vit et travaille aujourd’hui à Berlin. Entre ces deux marqueurs cardinaux, d’autres villes ont constitué des points d’étapes significatifs et alimenté une perspective croisée entre l’Occident et le Moyen-Orient. La capitale iranienne est cependant restée un point d’ancrage fondamental, agissant dans le travail comme une entité autonome et migrante venant se superposer à diverses représentations du monde. Sans pour autant faire de celle-ci un révélateur venant mettre à jour les écarts qui, dans l’imaginaire collectif, s’édifient entre différentes localités, il l’emploie comme un prisme faisant apparaître les fantômes et les fantasmes d’une histoire fragmentée.
C’est sans doute cette volonté d’explorer les mémoires partielles et la construction des identités déplacées qui l’a récemment conduit à Los Angeles – ville où l’artificialité est une authenticité comme une autre. Dans la cité des anges, et plus particulièrement dans le quartier très prisé de Beverly Hills, Arash Nassiri a découvert les « Palais persans », construit par le célèbre architecte Hamid Omrani pour les familles les plus fortunées issues de la diaspora iranienne.
Le syncrétisme culturel s’y exprime pleinement : les villas luxueuses amalgament sans hiérarchie des dorures toutes versaillaises et les colonnades antiquisantes, le mobilier d’inspiration orientale au diapason d’un confort, lui, parfaitement américain. Leur multiplication à la fin du XXe siècle, jugée trop ostentatoire et incompatible avec le chic paysage résidentiel, a conduit Beverly Hills à en interdire la construction dès 2004.
Un « Palais persan », dont le nom renvoie également aux commentaires sarcastiques des résidents à l’égard de ces constructions exubérantes, c’est ce que l’on découvre dans la vidéo A Bug’s Life (2026), montrée en janvier dernier à la Chisenhale Gallery (Londres) et qui constitue désormais le cœur de l’exposition « Night Mode », à la Fondation Pernod Ricard. Mais plutôt que de suivre une approche documentaire, Arash Nassiri nous donne accès à une expérience située, presque immersive, où la caméra se glisse dans les interstices de cette architecture ostentatoire. À travers le regard d’un insecte, une marionnette en bois qui se manifeste comme une figure discrète, intrusive et déplacée, aux yeux aussi luminescents que l’astre lunaire qui éclaire cet intérieur idéalisé, il révèle la logique intime de ces espaces, laissant affleurer les tensions, les projections et les désirs enfouis qui les façonnent. Penser l’art comme une trajectoire ouverte sur des horizons pluriels et durables.
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