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- BD : Umami de Willy Ohm aux éditions Dargaud

le  22/05/2026  



En 168 pages

Passer son temps à surprendre les maris infidèles, ça donne soif. Déambulant dans la nuit tokyoïte dans les années 80, Tabako enrage de ne plus avoir une goutte de whisky pour se rincer le gosier. L'invitation du restaurant éphémère Umami qu'il vient de recevoir, avec alcool à volonté, est donc une bénédiction pour le détective privé aussi minable que fauché devenu alcoolique après la mort de sa fille.
Mais une fois attablé face à une bouteille de Nikka Black douze ans d'âge, Tabako n'en croit pas ses yeux. Autour de lui, les clients s'écroulent les uns après les autres, foudroyés par la soupe de ramen qu'on vient de leur servir. Qui a cuisiné ce plat aussi délicieux que fatal ?
C'est la question à laquelle le détective veut répondre, par une enquête qui expliquera peut-être aussi le décès de sa fille, cheffe talentueuse.

Ouliez Los Angeles et Humphrey Bogart. Willy Ohm montre avec Umami que Tokyo a aussi sont mot à dire dans l'univers des détectives privés. Et puisque la BD fait partie de la collection "Cantina", l'art culinaire est forcément au centre de son intrigue autour d'une organisation gastronomique secrète.
Dès le titre de l'album, les premiers jalons de cette enquête dans la capitale japonaise sont posés. L'umami est en effet considéré par les scientifiques comme la cinquième saveur, avec le sucré, le salé, l'acide et l'amer, l'équilibre parfait sauf qu'ici il provoque l'extase puis la mort. Willy Ohm en fait un goût secret, addictif et potentiellement létal, comme la pire des drogues. Dans le restaurant où se rend Tabako, l'umami est ainsi utilisé comme une arme.
Servie par un dessin où l'influence d'Akira Toriyama fait plaisir à voir, l'enquête pour découvrir quel cuisinier se cache derrière ces recettes mortelles de soupe de Ramen, se situe en 1986, dans un Tokyo de jeu vidéo, où les personnages ne sont pas tous humains. En effet, des robots tiennent des bars malfamés, des gorilles font office de yakuzas et des calamars circulent en scooter.
Loufoque, drôle, aux couleurs pop acidulées et à l'esthétique ronde, le récit délirant n'en a pas moins tous les caractères du roman noir. Et c'est ce contraste réjouissant qui en fait toute sa saveur.

-L'auteur : Ohm, de son vrai nom Guillaume Clairat, est né en 1982 à Bordeaux. Il passe toute son enfance à recopier les dessins d'Akira Toriyama parce que c'est vraiment trop beau...
Un peu plus tard il entre en section Arts Appliqués. Il est ensuite admis aux Arts Décoratifs de Strasbourg en section illustration, là-bas, dans le grand froid. Il réalise qu'il va enfin pouvoir dessiner tout le temps sans avoir trop de comptes à rendre.
Son diplôme acquis de justesse en 2005, il commence à publier des petits dessins par-ci par là dans des magazines tels que Capsule cosmique, Dlire, ou Tchô. Il commence d'ailleurs sa série à succès Bao battle dans les pages de ce dernier. Parallèlement, il collabore avec l'ennemi (Spirou, Lucha libre) histoire de pouvoir retourner sa veste si les choses tournent mal, on ne sait jamais...
En 2009, il réalise le design d'une série de jouets inspirée de certains personnages de Tchô et s'essaye à l'écriture de scénarios pour la série animée OVNI, issue de l'album éponyme de Lewis Trondheim et Fabrice Parme. Fort de cette expérience, il entreprend de faire de la bande dessinée numérique avec le soutien de Lewis Trondheim, et collabore également avec de nombreux auteurs, notamment Hubert pour l'album Bestioles.



 
 
 
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