| |
Louison et monsieur Molière (jusqu'au 25 juillet)
le 31/05/2026
au
sein de la cour de la grande écurie à Versailles (à 17h30) et au petit Louvre du 5 au 25/07 à Avignon Off
Mise en scène de Axelle Masliah avec Marjorie Dubus, Emmanuel Lemire, Louise Rebillaud, Damien Jouillerot, Valérie de Monza et Axelle Masliah écrit par Marie-Christine Helgerson (d’après son roman), adapté par Axelle Masliah
Quoi de plus normal pour un festival intitulé Le Mois Molière que de jouer entre autre du Molière, d’autant plus si ce que l’on va nous raconter a vraiment exister ! En effet, Louison a bel et bien été une très jeune comédienne – 10 ans à l’époque -, choisie par Jean-Baptiste Poquelin, alias Molière, pour interpréter justement « Louison », la fille cadette d’Argan et sœur d’Angélique dans Le malade imaginaire, la dernière comédie du célèbre dramaturge français. Et c’est ainsi qu’on découvre son parcours à ses débuts, entourée de parents comédiens eux-mêmes engagés par le Roi Soleil pour rejoindre la troupe du Palais Royal à Paris, celle de monsieur Molière. Si son rêve est enfin exaucé, celui de faire du théâtre (« voulez-vous devenir une actrice ? », lui demande Molière), concrétisé par ce premier petit rôle, c’est bien parce qu’elle s’est employée à tout entreprendre pour se faire remarquer par l’auteur. Justement, cette création qui nous est proposé aujourd’hui, est l’œuvre d’Axelle Masliah (qui joue également dans la pièce) d’après son adaptation du livre de Marie-Christine Helgerson, alternant scènes typiques de cette période avec des décors sous forme de tableaux imbriqués les uns dans les autres et des costumes d’antan (nous sommes en 1670), et interventions actuelles du style intermèdes avec le générique de Mission impossible joué à la guitare, piano « à queue » incliné servant pour de multiples usages, quelques « langages » employés de nos jours (« 4 euros la place ! »). Un moyen astucieux et néanmoins apprécié pour souligner à la fois la modernité du propos et pour servir de trait d’union entre plusieurs générations de spectateurs pas toujours enclins à aller voir un spectacle dit « du répertoire ». Quoi qu’il en soit, on se laisse emporter par l’énergie – limite hystérique - de cette troupe de 6 comédien.nes plein.nes de talents, sachant gesticuler, grimacer, se maquiller, exagérer parfois, le tout sur fond de rapports fille/mère plus ou moins difficiles voire houleux. Si le burlesque et le comique de répétitions se font ressentir ici et là (Louise Rebillaud, sous les traits de la mère, en fait des tonnes), il faut tout de même reconnaître que l’excellente Marjorie Dubus est parfaite en Louison, tour à tour espiègle et inquiète, enjouée et triste, capricieuse, impertinente et incontrôlable. Une très bonne surprise aux abords du festival d’Avignon où cette pièce sera présente en juillet pendant 3 semaines !
C.LB
|