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Des minions et des monstres

Sortie  le  24/06/2026  

De Pierre Coffin avec les voix de David Marsais, Alexandre Astier, Camille Cottin, Jacques Weber, Amy Sedaris et Laurent Poitrenaux


Voici l’histoire turbulente, absurde et évidemment vraie des Minions et la manière dont ils ont conquis Hollywood, sont devenus de véritables stars de cinéma, ont tout perdu, ont libéré des monstres dans notre monde, puis ont tenté de sauver la planète du chaos qu’ils avaient créé.

On aura beau dire mais les minions sont vraiment trognons et cela dès qu’on les voit déambuler devant nous ! Jamais à court d’idées ni de bonne volonté pour faire des bêtises, toujours prêts à rendre service quitte à faire souvent des erreurs, pitres dans les attitudes et enfants dans l’âme, ils apportent un vent de fraîcheur dans l’univers du film d’animation depuis maintenant plusieurs années et ça fait du bien ! Apparus avec la saga Moi, moche et méchant, servant d’intermèdes joyeux et loufoques entre l’histoire de Gru, celle de ses adorables enfants « adoptés » ainsi que celle de leurs pires ennemis croisés sur leur route, les minions ont fait rire la terre entière lorsque leur « drôle de look » apparaissait à l’écran, s’exprimant dans un langage bien à eux, un charabia plus ou moins incompréhensible pour le commun des mortels.
Aujourd’hui, fini le relaiement aux seconds rôles, les voici tous réunis au premier plan, dans un film intégralement consacré à leur parcours pour ne pas dire dédié uniquement qu’à leurs bobines, celles de gélules jaunes genre médicamenteuses, de capsules en salopette avec un œil ou deux selon l’humeur du moment. Et nous voilà (re)parti depuis la nuit des temps, à l’époque où ils étaient serviables ou plutôt corvéables à souhait, passant d’un maître à l’autre avec la rapidité de leur étourderie, en général au service du plus odieux ou du plus machiavélique qui soit ( cyclope, sorcier) jusqu’à débouler un jour à Hollywood dans les années 20 pour y faire leur nouveau nid auprès de producteurs bedonnants, le tout à la lumière des spots et dans le cadrage des caméras. Outre les nombreuses références de cette période sous forme de (gros) clins d’œil autant au muet (scènes avec la présence soit de Charlot, soit de Buster Keaton, soit de Harold Lloyd) qu’au début du parlant. Et ce qui devait arriver arriva, ce besoin viscéral de passer à la réalisation avec notamment la participation de monstres, leurs propres créatures - des vrais quoi ! -, avec tout ce que cela peut provoquer par la suite.
Eh bien, malgré tout cela, cette production pourtant méritante (l’animation est encore plus réaliste que les précédentes) peine à convaincre, notamment par un manque de renouvellement visuel, de rythme narratif, de surprise scénaristique, comme si la présence des minions pendant 1h30 n’arrivait pas à tenir le cap. Certes, ils sont drôles mais l’humour semble absent ; évidemment, il y a de l’action mais ça ne prend pas toujours ; bien sûr, leurs déboires font sourire mais l’astuce ou la nuance n’y est pas. Il y a quelques bonnes « trouvailles » mais, dans l’ensemble, ça baisse de régime au point que ce fourre-tout cinématographique (robot, soucoupes volantes…) ne sait pas comment avancer et conclure judicieusement (n’ayez crainte, le happy end est de rigueur). Il reste à penser que faire un long métrage que sur eux est bien plus difficile à concevoir que les voir quelques minutes ici et là.

C.LB



 
 
 
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