| |
Nightborn
Sortie
le 22/07/2026
De Hanna Bergholm avec Seidi Haaria, Ruppert Grint, Pamela Tola, Silvia Saloranta, Pirkko Saisio, Rebecca Lacey et John Thomson
Rêvant de construire une vie de famille paisible, Saga et son mari Jon s’installent dans la maison où elle a passé une grande partie de son enfance, au cœur de la forêt finlandaise. Mais dès la naissance de leur enfant, et malgré un entourage qui se veut rassurant, Saga perçoit chez son bébé quelque chose d’inexplicable et d’inquiétant…
Un film d’horreur, de plus d’origine finlandaise, ça ne se refuse pas, d’autant qu’on n’a pas trop l’habitude d’en voir de par chez nous ! Alors, quand débarque à l’écran ce couple tout sourire dans une contrée lointaine, au sein d’une maison abandonnée, entourée d’une forêt dense, on se demande si cette demeure ne va pas encore leur jouer des tours. Non, cette fois, ce sont les arbres qui s’en mêlent et qui vont se manifester d’une façon complètement inattendue, à travers la naissance d’un fils aussi bizarre que « monstrueux ». En effet, outre le fait d’être poilu plus que la normale, l’enfant ne babille pas, il crie à tout bout de champ, voire hurle à la mort, au point de s’égosiller les poumons (quel coffre !). Il ne tète pas, il mord le téton et préfère de loin boire du sang (de vache !), tel un vorace à la force décuplée en mal de chair fraîche (il a une force incroyable pour son âge, jusqu’à sectionner net l’index d’une de ses cousines !). Il ne joue pas, il balance tout ce qui se trouve à sa portée comme s’il voulait imposer sa loi et marquer son territoire. Bref, rien de franchement très habituel pour un enfant qui n’a que quelques semaines voire à peine quelques mois ! Et les parents dans tout cela, que font-ils ? Si le père tente la méthode douce pour l’amadouer, la mère protectrice est plus désappointée devant ce petit être qui semble ne réagir qu’aux cris de sa maman, devenue elle aussi une « créature primitive » métamorphosée à sa manière, son corps ou plutôt son ventre se transformant en écorce d’arbre (les « trolls » ne sont pas loin !). Que croyez-vous qu’il se passera ? Sans dévoiler le fin mot de l’histoire à travers une telle situation, sachez seulement que le gore s’invite à la partie, projections ensanglantées à l’appui et de rigueur (de l’accouchement au final). On pourrait croire à juste titre assister à une sorte de remake de Rosemary’s baby mais cette fois à la sauce conte et légende nordique un tantinet folklorique, sauf que le Diable n’est pas invité, ni les vampires non plus, uniquement l’isolement, la dégradation et la pourriture. Seul l’appel de la forêt est le plus (omni)présent, et les éléments inhérents à la nature sauvage se chargent du reste même au sein de la maison ! Question maternité, c’est à juger sur pièce par rapport à l’amour parental et les interventions ambivalentes des parents face aux problèmes suscités par l’inexplicable réaction de l’enfant et les solutions envisagées pour y remédier, du moins, pour y mettre un terme. Que doit-on penser d’un tel « cauchemar maternel » ? Il faut bien l’admettre, cette production métaphorique, certes sombre et minimaliste, n’a rien de dérangeant, ni d’épouvantable ou d’angoissant et encore moins d’éprouvant puisque tout est assez prévisible (pas d’effet de surprise puisque les indices nous sont donnés assez rapidement), surligné, légèrement pastoral, intime comme feutré, pratiquement caché, autant les actes (les bruits sont plus présents que les images !) que l’apparence de l’enfant (on ne voit pas son visage, juste quelques trucages dit pratiques et sporadiques). Néanmoins, la réalisatrice finlandaise Hanna Bergholm (Egö) ne s’est pas privée de souligner la carte enfermement latent et « hémoglobine » à profusion (pourquoi ?) sans pour autant délaisser le côté morbide de l’affaire (la mort rode inexorablement). Faut-il « tuer le père » pour enfin exister ? Cela mérite réflexion même si ça fait partie d’une certaine « normalité » monstrueuse ici !
C.LB
|