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La vie en relief – Jacques Henri Lartigue

Sortie  le  16/09/2026  

De Denis Gaubert avec les voix de Luàna Bajrami, Hervé Pierre et Milo Machado-Graner dans le rôle vocal de Jacques Henri Lartigue


Paris, 1903. A l’âge de 9 ans, Jacques commence à emprunter l’appareil photo stéréoscopique de son père, qui photographie le relief. Dès lors et pendant 25 ans, il capture tout ce qu’il aime, en trois dimensions et en amateur, uniquement pour son plaisir et celui de ses proches.
Une plongée inédite en 3D relief dans la jeunesse du photographe Jacques Henri Lartigue, témoin de la Belle Époque, la Première guerre mondiale, les Années folles, l’invention de l’aviation et de l’automobile…


Avant de découvrir le parcours de Jacques Henri Lartigue et bon nombre des photos qu’il a prise dès l’âge de 9 ans jusqu’à ses 35 ans, nous avons le droit en préambule à l’histoire du stéréodrome, un appareil ancêtre de la 3ème dimension qui permit de faire naître à la fin du XIXème siècle l’illusion du relief en photo. D’abord réalisée en intérieur, elle s’est pratiquée en extérieur, histoire de pouvoir par la suite « voyager » très loin depuis chez soi sans bouger, en regardant tout simplement les doubles tirages superposés sur des plaques de verre. Malheureusement, après une période faste, ce procédé a périclité, de par les images souvent licencieuses voire pornographiques qui circulaient et, surtout, par l’apparition de son concurrent le plus direct et néanmoins le plus redoutable, le cinématographe.
Lartigue lui a emprunté très jeune le stéréodrome de son père afin de « s’accomplir » en tant que photographe de la maison, amateur de ce « nouvel » art qu’il considérait plus comme un jeu merveilleux « pour s’en mettre plein les yeux », un passe-temps à la fois gracieux, fragile et éphémère. D’un tempérament optimiste et rêveur, il fut le témoin « privilégié » de toute une époque – 3 chapitres segmentent parfaitement ces périodes dans ce documentaire riche en photos inédites -, lui issu d’une famille aisée qui lui garantissait une certaine aisance financière, un train de vie facilité et des rencontres de personnalités plus ou moins reconnues (Sacha Guitry, Yvonne Printemps…). D’une constitution fragile, il a échappé à l’enrôlement lors de la 1ère guerre mondiale, afin de s’adonner entièrement à son grand rêve : devenir peintre et dessinateur. A son corps défendant, c’est grâce à la photographie qu’il fut reconnu tardivement et encensé comme tel, et cela 35 ans après avoir « abandonné » la 3D pour la pellicule.
Cet hommage visuel fluide et complet, en forme de commémoration filmée méritée, nous permet de découvrir l’existence de ce célèbre photographe qui travaillait comme un dilettant, « sans effort », grâce notamment à ses fameux clichés qui ont immortalisé tout un pan de la vie – et de la sienne - au début du 20ème siècle, et aussi grâce à son journal intime dans lequel il notait toutes ses impressions et autres sentiments. A fur et à mesure que défilent ses images d’un esthétisme certain, on sent petit à petit se dessiner la patte d’un grand metteur en scène au goût prononcé pour les cadrages soignés. S’il s’est essayé un temps au format panoramique – un « nouveau champ pour conquérir l’espace » -, cela ne l’a pas empêché de réunir plus de 120.000 « d’instants fugitifs ».
Et dire que ce sont les américains – grâce à l’expo organisé au Museum of Modern Art de New-York en 1963, puis le portfolio que lui a consacré le magazine Life la même année - qui ont décelé tout le potentiel de cet homme alors âgé de 69 ans, considéré comme le « secret le plus caché de la photographie » !

C.LB



 
 
 
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