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Sur la route d’Omaha

Sortie  le  22/07/2026  

De Cole Webley avec John Magaro, Molly Belle Wright, Wyatt Solis et Talia Balsam


Ella et son frère Charlie sont réveillés en pleine nuit par leur père. Sans explication, il les embarque pour un long voyage sur les routes du Midwest. Alors que les deux jeunes enfants découvrent un monde qu’ils n’ont jamais vu, leur père demeure mutique et soucieux. Ella commence alors à entrevoir la vérité derrière ce voyage improvisé…

Sans savoir où ils vont – les 2 enfants ont beau aborder le sujet avec leur père et lui poser des tas de questions sur leur destination, celui-ci les évite ou alors les dévie -, on suit néanmoins le départ précipité puis le trajet qu’ils vont emprunter vers cet « inconnu » que l’on devine petit à petit au fur et à mesure des indications visuelles ou orales glanées ici et là, le père restant peu loquace sur le but ultime de ce « road movie » à travers une partie des Etats-Unis. De ce côté-là, on est bien servi avec de beaux espaces ruraux filmés, entre paysages bucoliques, routes à perte de vue, motels typiquement U.S., restaurations rapides style fast-food et stations essence version supérette. Bref, les infos arrivent au compte-goutte, histoire de (tenter de) faire monter la tension tout en gardant le secret sur ce « point de chute » !
Quoi qu’il en soit, il faut attendre 1h25 pour découvrir enfin pourquoi cet endroit qui ne veut pas « dire son nom » a été choisi, le Nebraska (sa capitale est…Omaha !), seul état américain à avoir mis en place une loi polémique (vous saurez pourquoi à la fin du film) qui fut très vite révisée au bout de seulement 4 mois mais le « mal » était fait. En revanche, vous n’en saurez pas plus mais la « tronche » du papa – interprété par John Magaro (Carol ; The big short – le casse du siècle ; Overlord ; September 5) - laisse vite deviner qu’elle n’est pas joyeuse ni de bon augure. Avec ses faux airs du président ukrainien Zelenski en pleine guerre avec la Russie, il porte sur lui toute la mélancolie, la gravité, la détresse, la tristesse et le désespoir du monde, au point qu’on est à se demander s’il ne va pas faire « une connerie », pardon, passer « à l’extrême » d’un moment à l’autre ! Heureusement, ses enfants sont là, pleins de vie et formidables de naturel à l’écran, pour donner un peu de « baume au cœur » autour de joies simples et de regards profonds remplis d’émotions. Quant à leur mère, on apprendra qu’elle n’est plus de ce monde !
Dire que cette histoire de déménagement mystérieux ou plutôt d’expulsion à l’arraché est sous pression serait erronée, d’autant qu’à part avaler du bitume et faire quelques arrêts de nécessité genre « bouffe, dodo et pipi », il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous l’œil ! Certes, c’est tourné au plus près des personnages voire des visages afin de capter leurs moindres sentiments et autres interrogations, mais le manque de rencontres pimentées et le peu d’échanges paternels avec son adorable progéniture ne donnent pas vraiment envie d’avoir de l’empathie pour cet homme vidé comme à la dérive, au bout du rouleau, peu aimant (aucun véritable geste d’amour envers eux : on le voit toujours à l’écart de leurs jeux) qui ne fait rien pour que ça s’améliore, plus prompt à utiliser la « méthode radicale » dit de l’abandon (bravo les services sociaux outre-Atlantique !) qu’un autre refuge - ou « subterfuge » - plus stabilisant pour des enfants de leur âge (6 et 10 ans).
En résumé, un premier long métrage qui reste en surface, plus esthétique et attristant que marquant et passionnant, à ranger dans la catégorie épopée indépendante tout en sobriété, en mutisme et en non-dits.

C.LB



 
 
 
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