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- expo : Drogues au Musée de l'Homme (jusqu'au 6 juin 2027)
le 18/11/2026
au
musée de l'Homme, 17 place du Trocadéro 75016 Paris
Mise en scène de François Beck, Vincent Verroust, Alain Epelboin... avec une diversité de substances psychoactives (champignons, plantes, animaux et produits de synthèse....) écrit par ou plutôt proposé par Aurélie Clémente-Ruiz, directrice du Musée de l’Homme
Plantes hallucinogènes, stupéfiants, psychotropes, produits de synthèse… que sont véritablement les « drogues » ? Comment les définit-on ? Pourquoi en consomme-t-on ? Toutes les sociétés humaines en font-elles usage ? Depuis quand et dans quel but ? Le Musée de l’Homme propose cet automne une grande exposition consacrée aux drogues, pour déconstruire les idées reçues et rendre accessibles les connaissances accumulées sur ce sujet complexe, rarement abordé dans les musées.
Le Musée de l’Homme explore, dans toutes ses dimensions, le propre de l’humanité. Dans la ligne des grandes expositions portant sur des sujets de sociétés, qu’il produit depuis sa réouverture en 2015, comme Nous et les autres, des préjugés au racisme (en 2017), Je mange donc je suis (en 2019) ou Migrations (en 2024), il investit aujourd’hui la question des drogues, ou plus exactement des substances psychoactives, consommées partout sur la planète. Avec l’ambition de s’affranchir de tout propos idéologique et de lever un certain nombre de tabous, l’exposition entend offrir au public (dès 12 ans) une vision réaliste et juste de ce fait social. Portée par un commissariat scientifique pluridisciplinaire, elle conjugue anthropologie, histoire, sociologie, médecine, psychologie, écologie et économie afin de poser des définitions, de fournir des clés de compréhension quant aux rôles sociaux que jouent les substances psychoactives selon les âges, les cultures ou les religions, décrypter les raisons qui poussent les individus à consommer, et analyser les stratégies de réduction des risques.
-UN PANORAMA DES DROGUES : Le parcours débute par un panorama d’une diversité de substances psychoactives qui font, ou ont fait, l’objet d’un usage dans le monde. Champignons, plantes, animaux et produits de synthèse sont inventoriés et accompagnés d’objets liés à leur consommation, invitant à constater que leur catégorisation sous le terme de « drogue » est une construction sociale, répondant à des représentations culturelles qui varient selon les lieux et les époques. L’exposition montre ainsi qu’il existe un continuum entre remède, poison, et produit pourvoyeur d’ivresse. Elle aborde aussi la question des lois qui régulent les substances psychoactives. Licite ou illicite : leur classification diffère fortement selon les lieux et les époques. Les effets des psychotropes sont aussi évoqués, notamment grâce à un dispositif multimédia interactif montrant l’action de différents produits sur le corps et le cerveau, en fonction des contextes et des individus. L’exposition montre aussi que les premières traces de « drogues » datent de la Préhistoire, et que l’humain n’est pas la seule espèce concernée : certains animaux recherchent aussi l’ivresse !
-POURQUOI CONSOMME-T-ON ? : La deuxième partie de l’exposition interroge les raisons de la consommation, universelle, de psychotropes. Expérimentations thérapeutiques, besoin de se sentir en conformité sociale, dépassement de soi et optimisation des performances intellectuelles, sportives ou militaires, hédonisme, accès aux mondes mystiques ou inspiration artistique… les motifs de consommation sont multiples et méritent d’être examinés sous le prisme scientifique.
-DU PRODUCTEUR AU CONSOMMATEUR : L’exposition aborde, dans une troisième partie, l’impact de la production, de la circulation et de la consommation des substances psychoactives sur l’environnement, sur les sociétés et sur l’économie du monde contemporain. De la culture illégale du pavot à la production industrielle de Fentanyl en passant par les vignobles pluri centenaires ou les laboratoires clandestins de produits de synthèse ; des routes commerciales coloniales aux voies clandestines d’acheminement ; de la grande distribution officielle aux points de deal et aux réseaux sociaux ; des publicités encadrées par la loi jusqu’aux stratégies marketing ciblant de nouveaux consommateurs de produits prohibés… le commerce des substances psychotropes, en pleine croissance, recouvre des réalités très variées, allant jusqu’à entrainer conflits armés et crises sanitaires.
-VIVRE AVEC LES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES : Les politiques publiques mises en place pour répondre aux enjeux sociaux et sanitaires liés à la consommation de produits psychoactifs peuvent être plus ou moins répressives, plus ou moins tolérantes, selon les valeurs et les priorités des différents États. Pour quelle efficacité ? Cette dernière partie de l’exposition interroge la notion de « risques » liés à la prise de substances, et revient sur l’histoire de la politique de réduction des risques en Europe à partir des années 1980. Défendant une vision humaniste, l’exposition permet ici de déconstruire l’image stéréotypée du consommateur ou de la consommatrice de substances psychoactives, notamment grâce une installation conclusive qui donne la parole à des usagers de profils variés.
*Commissariat scientifique : François Beck, sociologue, chercheur au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (CESP) de l’Inserm, Vincent Verroust, ethnobiologiste, chercheur en études psychédéliques au Cermes3, Inserm, et Alain Epelboin, médecin anthropologue, attaché honoraire du MNHN au Musée de l’Homme.
*Comissariat muséographique : Marie Merlin et Charlène Camarella muséographes, cheffes de projet.
*Direction de projet : Aurélie Clémente-Ruiz, directrice du Musée de l’Homme, Nala Aloudat, responsable des expositions.
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