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La métamorphose (jusqu’au 25 juillet)

le  23/07/2026   au sein de la Factory – salle Tomasi, 19 place Crillon 84000 Avignon (à 11h40)

Mise en scène de Bertille Mirallié avec Théo Dachary, Marie-Anne Guilbert, Bertille Mirallié, Gaspard de Soultrait et Victoria Szczucki écrit par Bertille Mirallié




Si l’on se contentait de dire que la « Métamorphose » est un théâtre de verbatim, reprenant les propos d’interviewés et interviewées de 9 à 90 ans, on serait incomplet. Si l’on disait simplement que cinq comédien.ne.s reprennent dans leur voix celles qu’ils entendent dans leur oreillette, on ne serait que purement technique. En mentionnant le nombre de 50 interviews réalisées lors desquelles on invitait ces hommes et femmes à s’exprimer sur ce que c’est que le temps qui passe et comment il nous transforme, on serait encore incomplet.
Alors regardons les rentrer sur scène, ces jeunes comédiens et comédiennes et prendre place sur leurs chaises, simple décor de ce plateau nu qu’ils vont bientôt peupler des figures qu’ils incarnent. Ici une vieille dame : « faut qu’je dise que c’est bien ? », interroge une voix âgée sortant du corps jeune d’une des comédiennes. A cette voix en répond un autre, et les visages, les intonations, les postures se succèdent. Voici que jaillit l’enfance, et ses jeux, puis l’adolescence et les corps qui changent, les premières fois.
Loin de thématiser trop ou de proposer un récit chronologique, Bertille Mirallié choisit simplement de mettre en dramaturgie des corps et des voix de formidables jeunes comédien.ne.s (dont elle). Parfois la musique intervient, ponctuant le propos ou offrant un niveau supplémentaire au récit. Bach ou ACDC permettent une chorégraphie dans laquelle le corps seul complète ce que la voix n’a pas dit. Lorsque les comédiennes évoquent une vieille dame, on croit parfois voir Zouk ou la Laurence Semonin de la « Madeleine Proust » mais toute inspiration mise à part, c’est une forme tout à fait originale d’un théâtre plein et entier que nous propose « La métamorphose ».
On sort émerveillé de tant de talent, et sur les notes de « Vanina » de Dave, ponctuant la fin du spectacle, on se demande si, comme le dit l’une des protagonistes, « vieillir c’est moche, vraiment moche ».

Eric Dotter



 
 
 
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