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La belle et la bête - restauration HDR en dolby vision pour les 80 ans
Sortie
le 16/09/2026
De Jean Cocteau et René Clément avec Jean Marais, Josette Day, Michel Auclair, Mila Paréty, Nane Germon et Marcel André
Pour l'offrir à sa fille, le père de la Belle cueille, sans le savoir, une rose appartenant au jardin de la Bête, qui s'en offense. Afin de sauver son père, la Belle accepte de partir vivre au château de la Bête.
« Belle, vous êtes la plus belle ! ». Quand on entend cette phrase qui sonne un peu faux sortir de la bouche de Jean Marais (qui au passage « bêle » légèrement), on ne peut que ricaner intérieurement, tant la façon de la dire de façon ampoulée, l’expression de son regard et la posture dans laquelle il se trouve sont complètement désuètes, empruntées au possible et totalement passées de mode aujourd’hui. A les voir presque toutes et tous posés à l’écran, telles des portraits sortis tout droit du célèbre studio de photographie Harcourt, on se dit que le cinéma a, fort heureusement pour lui, évolué et que ce style ne s’applique qu’à une période bien précise de l’Histoire. Néanmoins, même si les codes de l’époque sont ici appliqués à la lettre, il ne faut surtout pas bouder son plaisir de (re)voir ce chef-d’œuvre de Jean Cocteau, devenu mythique. C’est que ce film en noir et blanc, qui date de 1946, a plus d’une corde à son arc, de par son sujet – tiré du conte écrit en 1757 par Mme Leprince de Beaumont -, de par son casting – Josette Day, Jean Marais et Michel Auclair en haut de l’affiche –, et par ses effets par encore « spéciaux » mais des trucages déjà bien présents pendant au moins 1h30. Il ne pouvait pas en être autrement, tant cette histoire fantastique se devait de laisser l’imagination fertile et débordante de son metteur en scène pour faire apparaître ici des chandeliers portés par des bras sortant des murs, là des cariatides animées - statues « enchantées » fumantes ou suivants des yeux les personnages -, et aussi des maquillages incroyables, spécialement le masque et les mains de la Bête, une véritable prouesse autant technique (5 heures par jour pour les appliquer) que visuelle. On ne sursaute plus et on est plus effrayé en la voyant apparaître la première fois à l’image mais on est toujours surpris de l’effet qu’elle a pu – et du - procurer à celles et ceux qui l’ont vu en son temps ! Comment ne pas penser à Peau d’âne lorsque les costumes chamarrés font leur entrée (merci Pierre Cardin !), que ce soit celui de la Bête (Jean Marais semble porter le même dans son rôle du roi bleu, version de 1970), celui de la Belle (Catherine Deneuve en a plusieurs du même acabit, et sa petite couronne sur sa tête ressemble à s’y méprendre à celle que porte Josette Day), ainsi que ceux des autres protagonistes (les tenues des villageois, des laquais et les habits de ferme sont de mise). Ne soyez pas étonné de découvrir des fondus au noir bruts, des plans de coupes franches, des influences picturales de grands peintres (Gustave Doré, Vermeer), et une BO assez envahissante, il fallait bien plonger et « imprégner » le spectateur de l’après-guerre dans une atmosphère poétique et féerique particulière, certes mystérieuse mais un tant soit peu sombre, teintée de magie ensorcelante, de romantisme émouvant et de bons sentiments exacerbés (« ah, la bonne âme ! »). Quoi qu’il en soit, il remporta le Prix Louis Delluc 1946, récompense annuelle et unique pour le cinéma français, récompense ô combien méritée.
C.LB
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