| |
The good boy
Sortie
le 04/11/2026
De Jan Komasa avec Stephen Graham, Andrea Riseborough, Anson Boon, Kit Rakusen, Savannah Steyn, Mila Jankowska et Callum Booth-Ford
Tommy, jeune délinquant insouciant et impulsif naviguant entre fêtes alcoolisées et violences incontrôlables, se réveille un matin enchaîné dans la cave d’une maison. Il est à la merci de ses occupants, une étrange famille qui s’est donnée pour mission de le remettre dans le droit chemin. Quelqu’en soit le prix.
Dès les toutes premières images, on sait pertinemment que « le bon garçon » en question n’en est en fait pas un, un déviant perdu, sans repères, violent, irraisonné, le vice chevillé au corps, adepte de la défonce et addicte à toutes sortes de substance, avec un sens de la démesure qui le met minable à plus d’une occasion. Raison de plus pour tenter de le rééduquer, le remettre dans le droit chemin à travers une série d’épreuves, pas loin de la « punition », particulièrement strictes pour ne pas dire sévères (il est enchaîné par le cou, tel un esclave), une sorte de sevrage à la « Orange mécanique » par l’intermédiaire d’un père « modèle » dit la morale, plus proche d’un tortionnaire d’ailleurs, un redresseur de torts pathétique, un maître bienveillant doublé d’un preux « chevalier » de la bienséance à l’affut du moindre écart. Le reste de sa famille n’est pas mieux loti, entre une mère détraquée, dépressive à souhait, et un jeune fils poli, toujours aux ordres de son père. Pour interpréter ses 4 personnages centraux quelque peu outranciers, le choix du casting est franchement juste et parfait, à la hauteur de nos espérances, avec des acteurs/actrices à la gueule de l’emploi (surtout Stephen Graham – le rôle du papa attentionné, psychorigide et méticuleux au possible -, Andrea Riseborough – la maman qui tire une de ces tronches -, et Anson Boon – le « good boy » plus vrai que nature -). On se délecte devant le « processus de confiance » qu’il essaye d’instaurer, lui précautionneux limite maniaque, toujours aux petits soins avec tou.te.s. On devine assez rapidement les intentions de chacun.e vis-à-vis de cet « hôte » en pleine rébellion, ce « remplacant » sur le chemin de la rédemption, qui va petit à petit s’amadouer, docilement par la force des choses, au contact de cette « nouvelle » famille qui vit en vase clos, quasiment isolée du reste du monde. Si le début semble inquiétant, voire angoissant et même dérangeant, il n’en est rien par la suite puisque les un.e.s comme les autres vont se transformer et apprendre au contact de ce « fils » de substitution qui, en retour, va recevoir ce que son propre foyer ne lui a jamais donné. On doit cet excellent film en forme de conte moderne, au réalisateur polonais Jan Komasa que l’on avait découvert précédemment avec La chambre des suicidés, La communion et Le goût de la haine. Belle maîtrise sans aucune surenchère autant des cadrages, certes sombres mais très soignés, que de l’évolution des « mœurs », savamment dosée afin de déboucher sur une fin somme toute assez prévisible. Une bonne surprise qui ne déplaira pas aux passionnés d’excès et de manipulation en tout genre, toute proportion gardée bien sûr !
C.LB
|