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Raison et sentiments

Sortie  le  23/09/2026  

De Georgia Oakley avec Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, Caitriona Balfe, Frank Diliane, Herbert Nordrum et Bodhi Rae Breathnach


Adaptation de Raison et sentiments de Jane Austen.
À la mort d’Henry Dashwood, sa femme et ses trois filles, injustement privées de leur héritage, sont contraintes de quitter leur Sussex natal pour s’installer dans le Devon, à Barton Cottage. Dans la petite société locale, les demoiselles Dashwood ont tôt fait de s’intégrer. Elinor, l’aînée, cache derrière une réserve et une tempérance à toute épreuve un amour profond et sincère pour Edward Ferrars, le frère de sa belle-sœur. Marianne, nature passionnée et romanesque, tombe éperdument amoureuse du beau et impétueux John Willoughby, rencontré sous une pluie battante. Et quand des épreuves viendront chambouler leurs existences, les deux sœurs, aussi différentes qu’inséparables, découvriront qu’elles ont chacune beaucoup à apprendre de l’autre…


A quoi pouvaient bien penser les filles de cette époque révolue, si ce n’est de trouver un bon parti et si possible bien fait de sa personne (« est-il beau et riche ? »), avec au mieux de l’esprit, du moins, de quoi échanger quelques mots entre êtres civilisés (ou « sincèrement ennuyeux et dénué d’ardeur ») ? Voilà un peu les grandes questions autour du mariage et du statut social qu’elles se posaient, d’autant plus quand elles n’avaient rien d’autre, du moins, pas grand-chose à faire que d’attendre que quelqu’un vienne se manifester à leur « humble » porte – ici, on passe du grand manoir au petit cottage ! Dans le cas qui nous intéresse cette fois, si la situation est plutôt précaire (« les gens vivent longtemps avec une rente »), il faudra alors redoubler de vigilance, entre discernement et espoir, à défaut entre ardeur (dans un premier temps), désillusions (dans un second), tourments (par la suite) et ruptures (au final). Mais que de souffrance avant de trouver l’(e véritable) amour, digne de ce nom !
Le premier roman de Jane Austen, sorti il y a 214 ans, est un florilège littéraire de ce qui se faisait de mieux à cette période questions expériences amoureuses et interactions avec divers personnages, le tout sur fond d’une exploration à la fois profonde et réfléchie des dynamiques sociales comme des relations familiales dans l’Angleterre du début du 19ème siècle. La version cinématographique d’Ang Lee, réalisée en 1995 et restée dans les mémoires, était déjà merveilleusement bien agencée (d’où un Oscar mérité du meilleur scénario reçu en 1996), que ce soit dans la mise en scène subtile, ou dans le choix du casting (Emma Thompson et Kate Winslet dans les rôles principaux). Mais un tel chef-d’œuvre, devenu culte, ne pouvait en aucun cas être relayé à la « préhistoire » filmographique, jugement « impertinent » et sans nuance de bien des jeunes d’aujourd’hui. C’était donc tout naturel, voire évident que les nouvelles générations puissent découvrir (enfin) ce classique, pièce maîtresse de la littérature romanesque, sans forcément pour cela la « moderniser » à tout prix pour les attirer au cinéma.
En effet, tout a été scrupuleusement respecté à la lettre (près), rien n’a été rajouté pour bien faire, même rehaussé d’une reconstitution minutieuse et respectueuse de ces temps-là, sans effets « tape-à-l’œil », et même souligné d’une BO aussi enveloppante qu’ensorcelante (ah, ses passages de violons et ses partitions de piano !). Outre les dialogues qui sont d’une belle fluidité et d’une compréhension évidente pour n’importe quel commun des mortels, il y a bien sûr le jeu des actrices – et acteurs -, tou.te.s excellents chacun.e dans son registre. En haut du « podium », que des jeunes britanniques, notamment 2 têtes d’affiche, Daisy Edgar-Jones (vue dans Twisters, Fresh, Là où chantent les écrevisses, et Les indomptés : elle a un petit air de Charlotte Gainsbourg !) en aînée prudente, toute en retenue, et Esmé Creed-Miles (rôle principale dans la série télévisée Hanna) en cadette impulsive, toute en émotion, qui « s’affrontent » moralement et verbalement autour du sens du devoir et des convenances, de l’infamie et de l’estime. Alors, pour cette adaptation portée par une « nouvelle jeunesse », votre cœur résistera-t’il à toutes les épreuves rencontrées ? Réponse à partir du 23 septembre en salles !

C.LB



 
 
 
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