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- BD ; Un jour, j'écrirai mon nom de Clément C. Fabre d'après Greg Egan aux éditions Dargaud

le  25/09/2026  





Chaque matin, la vie du personnage central de ce récit recommence à zéro, comme dans le film Un jour sans fin. Avec une variante de taille : quand il se réveille, il n'est plus celui qu'il était le jour précédent. Sa journée commence dans la peau d'un autre, dans un corps différent, à des âges différents, dans une maison différente, au sein d'une famille différente, dans une autre vie, en somme, sans comprendre le pourquoi du comment mais tout en conservant la mémoire de ces vies éphémères.
Alors, il note dans un carnet chaque souvenir, essayant de reconstituer et d'expliquer cette situation incongrue et, surtout, d'écrire enfin son véritable nom ! Seule constante : il s'incarne toujours dans la même ville, dans le corps d'hommes nés entre juin et août 1980. Et cette situation dure depuis son enfance. "Tout est différent, mais c'est toujours pareil", dit-il à la femme qui se trouve auprès de lui, ce matin-là, qu'il ne connaît pas et qui sera sans doute remplacée par une autre demain.

"Je est un autre", disait Arthur Rimbaud. Le narrateur, lui, n'est pas seulement "un" autre. Il est à lui seul des centaines d'autres, des milliers d'autres, au gré de ces changements de peau et d'identité auxquels il ne trouve pas d'explication, et qui l'obligent à jongler entre elles pour donner le change à son entourage sans cesse renouvelé.
Un jour, j'écrirai mon nom est adapté de la nouvelle Le coffre-fort (The safe-deposit box), écrite par un écrivain australien, Greg Egan. On peut lire cette histoire comme un récit de science-fiction, et le texte originel a d'ailleurs paru pour la première fois dans Isaac Asimov's science fiction magazine en 1990. On peut aussi l'aborder comme une réflexion philosophique, qui nous concerne tous et qui nous confronte à des notions aussi riches d'interrogations intimes que l'identité et la mémoire. Cet album se déroule le temps d'une journée, entrecoupée par une série de flash back de ses « vies » d'avant, avec une mise en couleur qui permet de les distinguer de façon claire.
Préfacé par Nicolas Martin, journaliste, producteur de radio et écrivain, Un jour j'écrirai mon nom est signé par Clément C. Fabre, remarqué pour le récit Carole - ce que nous laissons derrière nous, publié chez Dargaud en 2023. Voilà un livre fascinant et mystérieux qui évoque l'oubli et la quête d'identité.

-L'auteur : Après avoir hésité un temps avec des études en médecine, Clément Fabre se plonge dans le cinéma. Il y travaille en tant qu'assistant caméra pendant presque 10 ans.
Au milieu des années 2000, il ajoute l'initiale C. à son nom et se réoriente vers la bande-dessinée. Dans un premier temps, ses projets naissent de ses rencontres, comme avec Martin Page (« Le Banc de touche », Warum!, 2012), Olivier Milhaud (« Explicite », Delcourt, 2015), Fabien Grolleau (« Le Chantier », Marabulles, 2018), Benoist Simmat et Aymeric Mantoux ("Révolutionnaires", RobinSon, 2018), ou encore Joseph Safieddine ("Salade tomate oignon", Lapin, 2021). Avec ce dernier et Thomas Cadène, il réalise le titre « BFF » (Dupuis, 2019-2020) qui sera publié une première fois sous forme de webtoon et leur vaudra une nomination aux Eisner Award en 2021.
En 2022, Clément travaille sur son premier projet en tant qu'auteur complet, « Carole » (Dargaud, 2023). Dans cette BD, il questionne ses origines arméno-turques et le mystère de la transmission intergénérationnelle.
Quand il ne s'occupe pas d'images, il se passionne pour le rock'n'roll garage 60's et la physique quantique.
En 2024 paraît "Le Chantier", un titre édité chez Marabout en 2018 et réédité par Dargaud, dessiné d'après un scénario de Fabien Grolleau.



 
 
 
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