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France fiction (jusqu’au 30 septembre)

le  16/09/2026   au théâtre de Belleville, 16 passage Piver 75011 Paris (du mercredi au samedi à 21h15)

Mise en scène de Tudual Gallic avec Léa Darmon-Raphoz, Grégoire De Chavanes et Nicolas Robinet écrit par Nicolas Robinet




Nous sommes en mai 1968. Le théâtre de l’Odéon est occupé par un comité d’action révolutionnaire qui investit tous les lieux de la « culture bourgeoise ». Fin de l’archive vidéo et retour sur le plateau : « maintenant, vous êtes dans la panade, vous regrettez les barricades », chantent les trois comédiennes et comédiens. Alors, pourquoi ne pas refaire sa petite histoire à partir de la grande et créer une grande uchronie en faisant gagner la gauche en 1968 ? Pourquoi ne pas représenter un Pompidou, alors président de la République, accordant au public la semaine de deux heures et 30 semaines de congés payés ?
Partant sur son ancrage profondément à gauche et de son affection immodérée pour les icones télévisuelle des années 70 et 80, Nicolas Robinet, qui n’a que 28 ans, propose ainsi une fresque colorée, foutraque et kitsch dans laquelle la pensée féministe d’aujourd’hui vient revisiter la pensée machiste d’autrefois et « inviter » les chanteurs des années 80 à modifier leur pensée. Une série de tableau mettant l’ex-candidat écologiste aux élections René Dumont à la tête de l’Etat.
On y voit ainsi Pimprenelle et Nounours, le touchant duo qui aidait les enfants des années 70 à s’endormir se saisir de la cause des femmes. La méthode de Pimprenelle vêtue de son touchant pyjama rose est pour le moins expéditive : dézingué Le Michel Sardou macho, abattu le Gainsbourg libidineux, passé de vie à trépas Maznev le prédateur, qui vient d’écrire un roman intitulé « les moins de 16 ans ». On est bien loin du moelleux proposé par le plantigrade débonnaire, dont on ne décrira pas ici le funeste sort… Dans des envolées lyriques et contestataires, où se mêlent les Shadocks, le mouvement de libération des femmes objet, et une incroyable fée Lilas, réincarnation au masculin de « LA » Delphine Seyrig de peau d’âne, l’auteur-acteur et ses deux acolytes offre au spectateur, pas forcément militant de la cause, un spectacle naïf et très inventif, parfois un peu violent, comme l’étaient les luttes sociales des années 60.
Le soir de notre venue, le public était jeune, très jeune, totalement acquis à la cause jouée devant eux. Même si le propos est loin d’être consensuel, invitons les spectateurs à se rendre dans la petite salle du théâtre de Belleville et à aller au-delà de ses préventions vis-à-vis d’un spectacle au contenu 100% politique à la découverte de ce joyeux bazar théâtral à l’écriture foncièrement originale.

Eric Dotter



 
 
 
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