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- BD : Les neiges immortelles de Léa Mazé aux éditions Dargaud

le  02/10/2026  



En 190 pages

Quelque part en 2112 - c'est en tout cas la date inscrite sur la tombe du chien Pie IX... -, Johan réunit Manu, Sémi, Clara et Alexandre, amis d'un autre temps, pour un ultime parage. Ils n'avaient pas vingt ans ; c'était il y a plus d'un siècle ! Contaminés par un mystérieux parasite lors d'une veillée passée ensemble, ils sont depuis condamnés à vivre éternellement.
Un cauchemar quand le corps, lui, vieillit inexorablement. Refusant de subir encore la déchéance et la dépendance, ils décident de suivre Johan dans son projet et de prendre la fuite vers le Grand Nord à bord d'un van : un dernier voyage avant de laisser congeler leurs corps dans la neige. Pour toujours....

Dans Les neiges immortelles, Léa Mazé évoque avec humour et mélancolie le fantasme de la vie éternelle, l'angoisse de la décrépitude et, au-delà, questionne le sens de la vie. Elle signe un récit follement original et audacieux, qu'elle mène avec brio, alternant scènes loufoques d'un road trip déjanté et passages intimes d'une comédie existentielle, touchant le lecteur au coeur.
Ses personnages ultra-attachants racontent par brides la vie, parfois difficile, douloureuse, mais si "belle quand on peut la vivre, (et) pas quand on la subit". Ce dernier voyage est puissant, forcément violent : "j'en veux pas, de cet éternel repos de merde", hurle Manu, brisé par la mort de sa petite fille.
La scénariste enrichit son récit d'une réflexion sur l'écologie et le progrès, thèmes usuels de la science-fiction...mais aussi au coeur de notre société, de notre actualité. Le propos dense, aussi drôle qu'intelligent, est porté par un dessin en couleur directe qui nous plonge dans des paysages glacés envoûtants, et les visages caricaturaux capturent notre regard.
Un album qui reste en tête, longtemps....Eternellement ? Comme le disait Woody Allen : « l'éternité c'est long... surtout sur la fin. »

- L'auteure : Léa Mazé, originaire du Finistère, suit d'abord la filière cinéma d'animation de l'école Estienne. Puis, un peu par hasard, elle trouve une formation en bande dessinée à Auguste-Renoir, à Paris. Et là, comme elle le souligne, c'est "un coup de coeur, j'ai retrouvé là un plaisir d'enfance". Elle décide alors de poursuivre jusqu'à l'obtention d'un diplôme d'illustration. Et c'est dans le cadre de cette formation qu'elle réalise "Nora" (La Gouttière, 2015), son premier album. Avec "Elma, une vie d'ours" (Dargaud, 2018), Léa Mazé se lance dans la bande dessinée avec talent.



 
 
 
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