| |
- expo : Marie-Ange Guilleminot - MA, l'espace qui relie au Carré d'Art de Nîmes (jusqu'au 14 mars 2027)
le 07/11/2026
au
Carré d'Art de Nîmes, Place de la Maison Carrée, 30000 Nîmes (ouvert du mardi au vendredi de 10h à 18h - Samedi et dimanche de 10h à 18h30)
Mise en scène de Hélène Audiffren, commissaire de l'expo avec des sculptures, des vêtements.... écrit par ou plutôt créé par Marie-Ange Guilleminot
Carré d’Art – Musée d’art contemporain de Nîmes consacre une grande exposition à l’artiste plasticienne et performeuse française Marie-Ange Guilleminot. Intitulée MA, l’espace qui relie, cette exposition revient sur l’ensemble de sa production, depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui. Le MA signifie l’intervalle, l’espace entre deux choses, le silence entre deux sons, la pause entre deux gestes, le vide entre deux formes. La distance ou la durée, non pas celles qui séparent, mais celles qui relient, qui permettent aux éléments de respirer. Le MA est cet intervalle chargé de potentiel et de sens, un espace vivant qui laisse place à l’imagination, à la perception et à l’expérience.
La pratique de Marie-Ange Guilleminot, qui mêle sculpture, installation, performance, vidéo et dessin, place souvent le corps au centre d’expériences fondées sur le toucher, le mouvement, la transformation et la relation à l’autre.
Ses œuvres s’articulent autour d’unrelation à trois : le « je » de l’artiste, le « vous » du public et l’objet transitionnel, objet d’art. Ce rapport triangulaire active une dialectique entre curiosité, séduction et frustration : la curiosité engage le visiteur dans une approche tactile de l’œuvre, tandis que sa dimension sensuelle produit une attraction qui se heurte à l’impossibilité d’appréhender le corps de l’autre dans sa totalité.
L’artiste remet ainsi en question la séparation traditionnelle entre œuvre, artiste et public, en faisant de l’expérience corporelle et relationnelle un véritable matériau artistique.
Les œuvres prennent la forme d’objets à la fois sensoriels, fragiles et fonctionnels, qui invitent le spectateur à participer ou à modifier son rapport à l’œuvre.
Le vêtement, le tissu, le meuble, le livre ou encore des objets liés aux gestes quotidiens deviennent ainsi des médiateurs entre le corps individuel et l’espace collectif.
Marie-Ange Guilleminot active ces objets à l’occasion de performances, souvent filmées, pour en faire une démonstration, comme pour livrer au regardeur un mode d’emploi. Chaque espace du musée verra les œuvres se déployer et prendre vie par le biais de l’archive vidéo, l’accompagnement de médiateurs ou de rendez-vous particuliers.
Le maître mot de l’œuvre de Marie-Ange Guilleminot est la « transformation », celle des objets, des œuvres, des vêtements ou des espaces qu’elle investit.
Des gestes ordinaires deviennent ainsi « des expériences esthétiques et sensibles individuelles et collectives ». Un chapeau se transforme en maison, un coquillage en refuge, un livre en paravent.
Ou l’inverse. En détournant des objets symboliques, Guilleminot brouille les repères les plus élémentaires de notre quotidien. L’art épouse le design, la mode, l’architecture ou l’artisanat dans une dynamique décloisonnée, aux emprunts culturels libérés des frontières temporelles et géographiques. Les pionniers européens du Nouveau Continent côtoient l’art japonais et le design moderne italien.
La question de l’usage est indissociable de celle du rituel : chez Marie-Ange Guilleminot, les objets ne sont jamais figés, mais conçus pour être manipulés, transformés et réinvestis. Par le geste, le déplacement et le partage, ils instaurent une relation directe entre l’œuvre et le visiteur. Chaque proposition devient ainsi une invitation à regarder autrement les objets qui nous entourent, à en éprouver les formes et les usages, et à faire de l’espace du musée un lieu de rencontre, d’attention et d’échange.
|