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- BD : Samir de Aimée de Jongh aux éditions Dargaud
le 09/10/2026
En 170 pages
Face à la mer, sur l'île ensoleillée de Lesbos avec ses plages paradisiaques, ses chats qui se dorent au soleil, Samir court, s'amuse et joue au football avec ses amis. Pourtant, le jeune garçon n'a pas le coeur à la fête. Le grillage et les barbelés qui l'entourent et qui restreignent ses mouvements, lui rappellent chaque minute qu'il est interné dans un camp de réfugiés. Arrivé de Syrie quelques semaines auparavant, il y attend fébrilement avec sa famille (ses parents Hasan et Ezra), un passeport pour l'Europe. Entre les entretiens répétés avec l'administration (du genre interrogatoires), la promiscuité avec les milliers d'autres migrants, le confort très relatif du camp (il vit dans un container qui fait office de logis) et sa fragilité cardiaque, Samir vit tant bien que mal dans une angoisse permanente et croissante, à travers des souvenirs qui le hantent. Les jours se répètent inlassablement. Dans le camp de Lesbos, l'espoir est un luxe qu'on n'ose à peine envisager. Et Samir de devenir guide pour la jeune Lida, avec un téléphone pour traduire l'arabe en dari. Il lui montre les sanitaires sans eau chaude, la débrouille avec l'avocat du Yémen devenu coiffeur, l'infirmière de Somalie qui tient un salon de beauté improvisé ; les bâtiments laissés vides pour que les réfugiés n'aient pas une vie trop confortable. Et pendant ce temps, Hasan et Ezra se préparent pour le prochain interrogatoire...
Inspirée d'histoires vraies, cette BD est la concrétisation des fréquents passages d'Aimée de Jongh dans le camp de réfugiés de Lesbos depuis 2017 pour se documenter. La photographie et le tournage y sont interdits, mais Aimée a pu dessiner. Ainsi, en parallèle de ses carnets publiés sous le nom de Dessiner Lesbos, l'autrice de Jours de sable crée à nouveau une fiction, Samir, nourrie de faits tristement réels. A une encablure des côtes turques, l'île est un des points d'entrée des migrants en Europe. A travers les yeux du jeune Samir, la dessinatrice nous fait toucher du doigt les difficiles conditions de vie de ces exilés volontaires, chassés de leur pays par la guerre civile ou le régime totalitaire. Logés dans des containers, Syriens, Irakiens, Somaliens, Afghans, Palestiniens ou Yéménites apprennent à vivre ensemble, confinés, dans l'attente du précieux sésame. Pourtant, dans ce lieu où les familles sont très nombreuses, la bienveillance et la solidarité ne sont pas de vains mots. Aimée de Jongh montre avec une grande sensibilité comment chacun essaye du mieux qu'il peut de traverser cet épisode dramatique de sa vie. Conçue avec intelligence, cette bande dessinée changera probablement le regard de bien des lecteurs sur la situation des réfugiés.
-L'auteure : Aimée de Jongh (1988) a publié sa première bande dessinée « Aimée TV » à l'âge de 18 ans. Elle a été découverte par plusieurs maisons d'édition et de presse, pour lesquelles elle travaille aujourd'hui encore. Aimée a suivi sa formation en film d'animation dans les écoles de Beaux Arts de Rotterdam et de Gand. Entre-temps, elle a signé une bonne dizaine de séries de bandes dessinées et a collaboré sur cinq films d'animation. Sa série bd quotidienne Snippers (Coloc' en français) paraît dans un journal hollandais et dans un journal suisse ; en Belgique, ce sont surtout ses bandes dessinées pour jeunes enfants, comme Kito & Boris et Slimme Pim qui l'ont fait connaître. En 2014, Aimée s'est attelée à son premier roman graphique, dont elle signe aussi le scénario : Le retour de la bondrée (titre original : De terugkeer van de wespendief). Cet album lui a valu de percer à l'international. Cette bande dessinée a été très bien accueillie et a remporté le prestigieux Prix Saint-Michel pour le meilleur album de bande dessinée de 2014-2015. Le livre sera publié en français par Dargaud et par la suite porté à l'écran en 2016. En 2018, elle collabore avec Zidrou au scénario et publie un deuxième roman graphique chez Dargaud, L'obsolescence programmée de nos sentiments. En 2020, elle publie un nouveau roman graphique en solo chez Dargaud, Jours de sable, qui est salué par la critique et qui remporte notamment le Prix des Libraires de BD.
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