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- expo : Ted Joans - Black Flowers au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) jusqu'au 28 février 2027)
le 09/10/2026
au
musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA), Place de la Gare 16 1003 Lausanne, Suisse
Mise en scène de Pierre-Henri Foulon, conservateur en art contemporain, MCBA et commissaire de l'expo
avec des peintures, dessins, manuscrits, photographies, correspondances, documents sonores et films écrit par ou plutôt créé par Tes Joans
Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA) présente la première exposition monographique consacrée à Ted Joans (1928–2003), figure singulière de la Beat Generation et du surréalisme international, encore largement méconnue. Ted Joans. Black Flower est le fruit d’un vaste travail d’identification, de documentation et de rassemblement d’œuvres et d’archives, mené en étroite collaboration avec la succession de l’artiste aux États-Unis. L’exposition propose de redécouvrir une œuvre à la croisée de la poésie et des arts visuels, nourrie par le jazz, le surréalisme, les mouvements d’émancipation noire et le panafricanisme.
Poète, artiste et infatigable voyageur, Ted Joans a fait de sa vie une œuvre en mouvement. Né aux États-Unis dans une société marquée par la ségrégation raciale, il se forme à la peinture et au jazz avant de rejoindre, dans les années 1950, l’effervescence de Greenwich Village. New York, Paris, Tanger et Tombouctou deviennent les points d’ancrage d’une géographie personnelle tricontinentale reliant l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Afrique.
Ted Joans se définit comme « poète du jazz » et surréaliste, mais refuse de se laisser enfermer dans une identité, un mouvement ou une discipline. Il passe librement de la poésie au dessin, du collage au film et à la performance. Le jazz lui offre un modèle fondé sur le rythme, l’improvisation et la variation ; le surréalisme, une manière de libérer l’imagination et de transformer le réel.
Cette quête d’émancipation nourrit aussi son engagement dans le Black Power et le panafricanisme, tandis que Joans se construit une constellation très personnelle de complices et de figures tutélaires. Langston Hughes, André Breton et Charlie Parker y côtoient le rhinocéros, son alter ego, qui traverse son œuvre comme un double indomptable de lui-même.
Déployée sur deux étages du MCBA, l’exposition explore les multiples dimensions de la pratique de Ted Joans. Elle rassemble un grand nombre d’œuvres et d’archives ainsi que des manuscrits, photographies, correspondances, documents sonores et films, dont certains sont exposés pour la première fois.
Plutôt que de suivre le fil d’une chronologie, l’exposition adopte la logique même de Joans : les œuvres s’y répondent par échos, reprises et affinités, comme les fragments d’un collage ou les infinies variations d’un morceau de jazz.
Le parcours revient d’abord sur la formation de Ted Joans, à la croisée de la culture bebop et de la Beat Generation, avant de mettre en lumière ses « pères spirituels », Langston Hughes et André Breton, qu’il fait dialoguer dans son œuvre. Le jazz en constitue le fil conducteur : tout à la fois motif de représentation et manière de vivre, d’écrire et de dessiner, il repose sur l’improvisation et les rencontres fortuites.
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