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Tonnerre sous les tropiques (sur OCS)
Sortie
le 14/09/2026
De Ben Stiller avec Ben Stiller, Jack Black, Robert Downey Jr., Brandon T.Jackson, Jay Baruchel, Danny McBride et Steve Coogan (les 14, 16, 20, 23, 27 et 30/09)
Un casting d’enfer pour un voyage…au bout de l’enfer ! En tête d’affiche : Tugg Speedman, la star des films d’action, en chute libre depuis ses 3 derniers navets. A ses côtés : Jeff Portnoy, spécialiste des comédies (très) bas de gamme, avide de prouver ses qualités de comédien ; Kirk Lazarus, acteur « méthode » multi-récompensé et 100% givré ; Chino, superstar pop et fan d’Al Pacino ; et Kevin Sandusky, le fringant petit jeune tout heureux de faire partie de la bande. 5 egos surdimensionnés au service du « plus grand film de guerre de tous les temps ». Sur le papier, ça se tient (ou presque), mais sur le tournage, tout dérape : les caprices des stars et l’incapacité du réalisateur, Damien Cockburn, font grimper les frais à une allure vertigineuse, au point que le studio décide de tout arrêter… C’est alors que Damien a l’idée « géniale » d’entraîner sa petite troupe au cœur du Triangle d’Or pour une expérience de « cinéma-vérité » d’un genre inédit. Mortel…….
Ne vous fiez surtout pas à l’affiche ni au titre, genre grosse production de guerre bien intense et très musclée, ce que vous allez voir n’a rien de commun avec ce style de fresque guerrière à la gloire de certains soldats héroïques et de quelques batailles acharnées. Non, vous entrez ici dans un monde caricatural et outrancier dans toute sa splendeur, d’abord celui des bandes-annonces franchement à mourir de rire qu’il ne faut surtout pas louper au début, et ensuite, celui des films d’action sur la guerre du Vietnam, tournées entre autre dans les années 70 et 80, qui mettaient en exergue les faits d’armes et autres combats mouvementés, survenus sur le terrain lors des nombreux affrontements entre américains et vietnamiens. D’ailleurs, les références cinématographiques comme les allusions aux adaptations de cette époque sont légions ici, tels que ces quelques plans qui abondent dès le départ et tout au long du film, qui parodient notamment Apocalypse now, Voyage au bout de l’enfer, Platoon, Full metal jacket, Rambo et autres réalisations du même type. Tous les clichés y sont, les hélicoptères vrombissants, les bombes au napalm qui déchirent, les actes de bravoure au ralenti et les derniers survivants qui s’accrochent tant bien que mal à leur dernier souffle pour dire un mot. En fait, tout cela n’est que du cinéma, où des acteurs narcissiques, autant prétentieux que ringards, et qui se croient filmés en pleine jungle hostile, histoire de leurs foutre la trouille et de les déstabiliser pour les aguerrir un peu, sont réellement immergés dans une région dangereuse appelée le Triangle d’Or et vont se retrouver confrontés à de vrais méchants, de véritables narcotrafiquants bien décidés à « casser du ricain ». Bref, le dépaysement total et l’effet de surprise garanti, d’autant que nos « valeureux guerriers » ne sont pas préparés à une telle rencontre pour le moins houleuse, et qu’ils vont devoir improviser avec les faibles moyens du bord, des armes qui tirent à blanc et des caractères aussi bien trempés que spécialement barrés. Il faut les voir « se la jouer », chacun dans un registre hétéroclite bien particulier et très représentatif, comme le soldat courageux et « invincible », interprété par Ben Stiller (La nuit au musée, Les rois du patin, Les femmes de ses rêves, et également réalisateur de cette comédie déjantée !) qui s’est fait un look de baroudeur sans peur ni reproche mais franchement déconnecté de la réalité, le biceps saillant, le fusil mitrailleur à la main et le bandeau de circonstance. Ce n’est pas le colonel Kurtz (joué par Marlon Brando dans Apocalypse now) mais plutôt son double parodique exacerbé ! A ses côtés, Robert Downey Jr. (Fur, Zodiac, Iron man) s’est transformé en « afro-américain » plus vrai que nature, s’investissant à fond et dans tous les sens du terme, la couleur de peau adéquate, le cheveu crépu et le langage en prime avec les expressions « black » qui vont avec. Rien que pour cette prestation complètement « ouf », il mériterait une récompense prestigieuse ! Tout comme d’ailleurs Jack Black (The holiday, Soyez gentil rembobinez, Kung-fu panda) qui essaye de se racheter une conduite en devenant sobre ou plutôt clean, alors qu’il est incontrôlable, encore accro à la dope, et que son « sevrage » semble être très compromis dans ce haut lieu de production prohibée. Quand à Brandon T.Jackson, rien que son nom dans le film, Alpha Chino (en hommage à Scarface sans doute !), en dit long sur ses obsessions et autres fantasmes. Et pour clôturer en beauté cette comédie jubilatoire, un Nick Nolte savoureux en vieux de la vieille bourlingueur et fougueux à qui on ne l’a fait pas, et un Tom Cruise méconnaissable dans la peau d’un personnage qu’on n’imaginait pas de lui mais qui semble vraiment beaucoup s’amuser avec. En résumé, ils se parodient eux-mêmes, notamment dans des réflexions sur le cinéma franchement drôles et fort révélatrices de certains comportements. Ils sont presque tous utilisés à contre-emploi, dans des rôles certes crédibles mais qu’on n’attendait pas de leur part. Préparez-vous, voilà donc de quoi se fendre la gueule et vous payez une bonne tranche de rigolade, en un mot, le choc à la fois comique et décapant de la rentrée, ou si vous préférez un bon délire plein d’humour, de dérision et d’éclat mais sans aucune vulgarité, avec en plus un vrai décor grandeur « nature », ainsi qu’une BO magistrale (que des bons vieux morceaux des années 60 et 70 !), comme on aimerait en voir (et entendre) plus souvent ! Quoi qu’on puisse dire, Ben Stiller a bel et bien le vent en poupe, entre autre depuis l’énorme succès de Une nuit au musée (la suite sortira en 2009), et ça se voit entièrement à l’écran !
C.LB
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