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40 ans : mode d’emploi (sur Ciné + Emotion)
Sortie
le 14/01/2026
De Judd Apatow avec Paul Rudd, Leslie Mann, John Lithgow, Jason Segel, Chris O’Dowd, Albert Brooks, Megan Fox, Maude Apatow, Iris Apatow, Melissa McCarthy et Graham Parker (les 14, 17, 20 et 21/01)
Seul homme à la maison, Pete est marié depuis des années à Debbie avec qui il a eu 2 filles, Charlotte et Sadie, âgées de 8 et 13 ans. Pete aura bientôt 40 ans et le bilan est rude : Unfiltered Records, la maison de disques indépendante qu’il a créée, bat de l’aile, son père Larry, qui a récemment, et artificiellement, engendré des triplés, compte éhontément sur son soutien financier pour nourrir cette nouvelle famille, et à la maison, la vie n’est pas non plus un long fleuve tranquille. Le quotidien avec Debbie et les filles est une série de conflits et de complications sans fin. Quant à Debbie, elle a ses propres difficultés professionnelles et filiales. Elle essaie opiniâtrement d’être une épouse et une mère parfaite, mais elle a un mal fou à négocier le virage de la quarantaine. Et pour couronner le tout, leur aînée est en pleine crise de puberté. Pete et Debbie ont atteint l’âge où le pardon, à eux et aux autres, et le lâcher-prise sont des conditions sine qua non pour parvenir à profiter du reste de leur vie... en évitant d’en passer par le meurtre.
On le sait maintenant depuis un bon moment, les productions (sans oublier aussi les réalisations) signées Judd Apatow ne font jamais vraiment dans la dentelle ni dans le consensuel et encore moins dans le politiquement correct. Il est souvent ou du moins presque toujours question de sujets comme de conflits et autres problèmes autour du sexe, et ça parle le plus clair du temps de cul de façon assez crue (ça va de l’anus aux hémorroïdes, de la pipe aux fibromes, en passant par des discours de pénis et des images de seins). Les frères Farrelly étant dépassé depuis (déjà très) longtemps - bien que précurseurs en cette « matière » scénaristique -, Judd Apatow s’est ouvertement engouffré à son tour dans cette brèche laissée vacante, voire cette manne pour le moins « vulgaire » sans autre forme de procès, sinon celui de faire rire les spectateurs américains. En revanche, il n’est pas complètement sûr que le public européen suive et donc apprécie ce style comique dit « spirituel », et encore moins celui français qui a un peu de mal à goûter à ce genre salace rempli de grossièretés aussi bien rajoutées qu’appuyées (il suffit d’entendre Mélissa McCarthy – déjà vue dans Mes meilleures amies, production Apatow oblige ! - dans son numéro de série de gros mots pour voir jusqu’où ça peut aller), surtout quand celles-ci durent plus de 2 heures comme c’est le cas ici, d’autant plus que les thèmes abordés ressemblent étrangement aux précédents évoqués dans la filmographie déjà longue de Judd Apatow (depuis 40 ans toujours puceau jusqu’à 5 ans de réflexion, dernière production en date). Il suffit de comparer le nombre d’entrées entre les 2 continents (d’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes !) pour comprendre que l’humour U.S. n’est vraiment pas synonyme de succès chez nous, bien au contraire, ou alors à de très rares exceptions. Quoi qu’il en soit, on regarde docilement cette suite de En cloque mode d’emploi, déjà mise en scène par Judd Apatow en 2007, avec quasiment le même casting qu’à l’époque, histoire de voir comment a évolué ce couple avec maintenant 2 enfants (jouées justement par les filles de Judd !) qui parle beaucoup mais surtout qui s’engueule constamment (« tout ce que dit l’un tape sur les nerfs de l’autre ») – bien qu’il donne plus l’impression de se marrer qu’autre chose. Malheureusement, l’ensemble tourne souvent en rond, s’éternise sur des discutions et finit par ne plus être crédible pour 2 sous, cette famille vivant bien au-dessus de ses moyens alors qu’elle se trouve constamment en manque, bref, à court côté argent. Immatures ils l’étaient déjà avant, irresponsables ils le restent encore aujourd’hui ! Sans aller jusqu’à désapprouver les acteurs principaux, partenaires indissociables de la « famille Apatow » depuis des lustres (Paul Rudd – déjà 7 prestations ensemble - et sa tête d’éternel crétin ou si vous préférez d’abruti, et Leslie Mann – seulement 5 mais c’est quand même la femme du cinéaste ! - énervante avec sa voix de crécelle), on ne peut pas dire que Judd Apatow ait été franchement inspiré ici, à force de ressasser les mêmes idées naïves sur fond de psychologie à 2 balles, et de faire une continuation (appelé aussi « spin-off ») pas franchement attrayante ni particulièrement rythmée. Mais, comme le dit nos chers protagonistes dans cette comédie, « pas de critiques, soyons positifs ! ». Alors, essayons malgré tout de l’être….
C.LB
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