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Once upon a time…in Hollywood

Sortie  le  14/08/2019  

De Quentin Tarantino avec Leonardo di Caprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Al Pacino, Timothy Olyphant, Kurt Russell, Michael Madsen, Damian Lewis...


En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus.

Encore une fois, Quentin Tarantino revisite l’histoire dite « cinématographique » un peu à sa façon en prenant quelques libertés, et cela à travers ses films de genres assez différents, s’évertuant à triturer à sa guise là où ça pourrait faire lever les yeux au ciel certains historiens, réagir négativement d’autres spécialistes et offusquer peut-être quelques connaisseurs en la matière. Ce qui d’ailleurs ne l’a nullement empêché de réaliser des polars particulièrement originaux (Reservoir dogs ; Pulp fiction ; Jackie Brown), des films d’action impressionnants (Kill Bill 1 & 2), un thriller pour le moins percutant (Boulevard de la mort), un film de guerre très efficace (Inglorious basterds), et 2 westerns revus et corrigés à sa propre sauce (Django unchained et Les 8 salopards), un moyen comme un autre de rendre plus ou moins un vibrant hommage à d’anciens longs métrages qui l’ont tant marqué et séduit du temps où il travaillait dans un vidéo club.
Ici, il redéfinit un drame qui s’est déroulé à peu près à la même époque que la Blackexploitation (en référence à Jackie Brown) et dans la même jungle d’un, pardon, d’« in Hollywood » (tout comme dans Pulp fiction), s’amusant ouvertement à employer quasiment des sosies de stars de cette période - Margot Robbie en Sharon Tate, Damian Lewis en Steve McQueen, Mike Moh en Bruce Lee, Rafal Zawierucha en Roman Polanski, et Damon Herriman en Charles Manson – pour marquer les esprits et parfaire l’ensemble de son scénario. Aux noms cités précédemment, vous savez un peu de quoi il en retourne, du moins, une vague idée ! Sauf qu’il a voulu brouiller légèrement les pistes en nous racontant le parcours d’un acteur de série quelque peu « has been » (joué par un Leonardo di Caprio se considérant inutile et pleurant souvent) qui a eu sa petite heure de gloire en son temps et qui, flanqué de son double pas loin de sa copie conforme (interprété par un Brad Pitt goguenard à souhait) et de surcroît cascadeur, va essayer de (sur)vivre tant bien que mal dans La ville du cinéma.
On n’attendait pas moins de Tarantino pour qu’il nous serve ses fameux plans ultra-léchés (principalement aériens, en travelling et en voitures), ses célèbres dialogues presque parfois trop longs mais néanmoins en face à face (entre autres avec Al Pacino venu en guest star), ses flash-back redondants qui reviennent inlassablement sous forme d’intermédiaires pas toujours brefs (surtout lors des nombreux voyages en voiture), ses clins d’œil fortement éhontés (notamment à des séries télévisées d’antan tel que par exemple Mannix, à une sorte de Clint Eastwood avec la série Rawhide puis les westerns italiens autour du personnage principal incarné par un Leonardo Di Caprio dépassé, ainsi qu’à des films marquants comme La grande évasion, incrustation réussie comprise), ses parodies caricaturales à souhait très typées sixties (des fausses bandes annonces, des faux extraits de films, sans oublier des fausses pubs, la vieille pellicule de circonstance et le gros grain en prime) et, bien sûr, sa BO d’enfer, toujours tirée de standards de la musique soul, pop et rock de jadis (Simon & Garfunkel ; Joe Cocker, Aretha Franklin, Los Mamas & Los Papas ; José Feliciano ; Buffy Sainte-Marie...).
Sa version de l’envers du décor hollywoodien dans les années 60, avec tout ce que cela peut comporter comme précision de plusieurs reconstitutions (d’où un budget conséquent de 95 millions de dollars), justesse des protagonistes (ce n’est pas pour rien s’il a repris la plupart des acteurs avec lesquels il a déjà tourné !), soucis des détails et des anecdotes, se retrouve là autour de 2h45 de situations tour à tour mélancoliques et drôles, tragiques et cocasses, prenantes et humoristiques, jamais avare d’une improbable rencontre « historique » ni d’une certaine lenteur narrative. Qu’importe, on se régale de ces années nostalgiques qui vont assurément raviver les souvenirs d’un bon nombre d’entre nous et, peut-être, donner des idées ou bien alors des envies de revival à beaucoup d’autres générations...

C.LB



 
 
 
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