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Papillon

Sortie  le  15/08/2018  

De Michael Noer avec Charlie Hunnam, Rami Malek, Eve Hewson, Tommy Flanagan, Roland Moller, Michael Socha, Yorick Van Wageningen et Nina Senicar


Paris 1930, Henri Charrière, dit "Papillon", est condamné à la prison à vie pour un meurtre qu'il n'a pas commis. Il est envoyé au bagne de Cayenne, en Guyane, où il y fera la connaissance de Louis Dega, un célèbre faussaire. Déterminé à s’évader par tous les moyens, Papillon fera équipe avec Louis, pour trouver le moyen de s’échapper de cet enfer.

A la question, fallait-il faire ou non un remake de Papillon, chef-d’œuvre cinématographique incontournable des seventies adapté du célèbre roman d’Henri Charrière qui fut d’ailleurs lui-même le personnage central de cette aventure, on peut très bien hésiter à répondre et cela pour plusieurs « bonnes » raisons plus ou moins évidentes, tant l’original de 1973 comme celui-ci ont chacun des avantages et des inconvénients, bref, un intérêt néanmoins non négligeable et donc le mérite d’exister tous les 2 ! A partir de ce constat, on se doit forcément d’essayer de les comparer puisque ils collent l’un et l’autre à une histoire vraie que chacun d’entre nous devrait au moins connaître.
Concernant le scénario, rien n’a véritablement changé : dénoncé ou plutôt piégé, arrêté, jugé et accusé de meurtre par erreur, inculpé à tort et condamné à vie, renié par la société de cette époque puis envoyé dans une administration pénitentiaire de la Guyane Française, Papillon n’aura de cesse que de vouloir tenter de s’évader coûte que coûte, s’échapper à n’importe quel prix et par n’importe quel moyen quasi rudimentaire mais aussi souvent que possible. Et de ce côté-là, le déroulé respecte assez scrupuleusement et même assez méticuleusement celui de son aîné, l’américain Franklin Schaffner, 45 ans plus tard.
Pour ce qui est du casting, c’est autre chose : si Steve McQueen et Dustin Hoffman ont à tout jamais immortalisé les 2 protagonistes principaux de façon époustouflante, on ne peut pas vraiment en dire autant du jeu aussi bien de Charlie Hunnam (Pacific Rim ; Crimson Peak ; The lost city of Z ; Le roi Arthur – la légende d’Excalibur) que de Rami Malek (la saga La nuit au musée ; Les amants du Texas ; Old boy ; et bientôt dans Bohémian Rhapsody). Si le 1er, en voleur de petite envergure issu des bas-fonds de Paris, s’est fait la tête de Steve McQueen mais sans l’expression de « maboul » de ce dernier (surtout à la fin de la 1ère période d’isolement), avec une dégaine assurée et une démarche chaloupée de malfrat actuel à la belle gueule quelque peu arrogant et vantard sur les bords, le 2ème, en faussaire de haut vol qui attire toutes les convoitises, est bien trop propre sur lui sans avoir l’apparence d’un faible pour donner totalement le change à son acolyte protecteur - notamment lorsqu’ils arrivent sur l’île au Diable ! - qui lui se bat, mord et parfois saigne. Si « leur vie ne vaut rien », il aurait sans doute fallu qu’ils y mettent seul ou ensemble un peu plus du leur pour le montrer !
Finalement, cette nouvelle version du danois Michael Noer (R ; Northwest) n’apporte pas grand-chose de nouveau ni d’original et encore moins de transcendant à ce que l’on (devrait) pour beaucoup connaît(re) déjà de ce périple palpitant mais il possède pourtant un certain nombre d’éléments (amitié, ténacité, abnégation, courage) qui pourrait par exemple attirer la jeune génération à travers le chaland hésitant devant plusieurs affiches d’un cinéma : ce dernier pourrait à juste titre penser voir une interprétation moderne de « La grande évasion » mais cette fois en Amérique du Sud du côté de la mer Atlantique, avec un acteur basique, plat et sans profondeur qui se prend un chouia pour l’excellent, le talentueux – et le regretté - Steve McQueen (dur de passer derrière lui !)....

C.LB



 
 
 
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