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La vie comme elle vient

Sortie  le  26/12/2018  

De Gustavo Pizzi avec Karine Teles, Adriana Esteves, César Troncoso et Mateux Solano


Irène, mère de famille brésilienne, a des journées bien remplies. Entre 4 garçons, un mari rêveur, une sœur au bord de la crise de nerfs et une maison qui prend l’eau, elle tâche de tout orchestrer. Quand son aîné de 17 ans, recruté par une équipe de hand-ball, annonce son départ pour l’Europe, Irène est prise de court : saura-t-elle, avec son optimisme bienveillant, inventer un nouveau quotidien pour sa tribu ?

On aurait pu tout aussi bien appeler ce film La vie de famille comme elle se présente, voire comme on peut espérer la supporter tant bien que mal et cela encore longtemps malgré les aléas du quotidien autant d’ailleurs que ceux de l’existence. Certains auront beau dire que « tout s’arrange », que « tout se met en place », rien ne va plus chez les Santi, dans cette smala de filles mais aussi et surtout de garçons, autour d’une maman à la fois aimante et énergique qui fait (face) avec et qui est quasiment sur tous les fronts, tentant de gérer au mieux les choses comme elles arrivent, aussi compréhensive que débordée, aussi douce qu’inquiète et aussi souriante qu’épuisée.
L’actrice brésilienne Karine Teles (vue dans Madame Sata, A wolf at the door, et récemment dans Une seconde mère – déjà un rôle de « composition » ! -) porte littéralement ce rôle d’ex-femme de ménage à bout – et au bout du rouleau parfois ! -, interrogative devant l’ampleur des problèmes qui s’amoncèlent (une maison pas encore finie d’être construite, une autre qui commence à se déglinguer, la vente d’un bien qui ne se fait pas, un fils qui va bientôt partir à l’étranger...). Elle est parfaite, surtout lorsqu’elle commence à débloquer, à craquer, bref, à péter un plomb, remarquable d’émotions et de sensibilité à fleur de peau.
Le réalisateur brésilien Gustavo Pizzi (Craft) a su parfaitement capter tous les sentiments qui émanent de cette brave « wonder woman » populaire, certes infatigable mais interrogative quant à l’avenir de son foyer qui menace lui aussi de s’effriter de partout. Mais ne dit-on pas « Famille nombreuse, famille heureuse.... » ? Quoi qu’il en soit, grâce à une photo impeccable et des cadrages léchés, il insuffle également une crédibilité et un rythme plutôt bien cadencé, tout en apportant un renouveau dans le cinéma « social » brésilien qui n’avait plus eu les honneurs de nos salles chez nous depuis un bon bout de temps...

C.LB



 
 
 
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