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Sang froid

Sortie  le  27/02/2019  

De Hans Petter Moland avec Liam Neeson, Tom Bateman, Tom Jackson, Emmy Rossum, Laura Dern, Domenick Lombardozzi et John Doman


Bienvenue à Kehoe, luxueuse station de ski du Colorado. La police locale n’y est pas franchement très sollicitée jusqu’au jour où le fils d’un conducteur de chasse-neige, Nels Coxman, est assassiné sur ordre de Viking, un baron de la drogue. Armé d’une rage implacable et d’une artillerie lourde, Nels entreprend de démanteler le cartel de Viking. Sa quête de justice va rapidement se transformer en une vengeance sans pitié. Alors que les associés de Viking « disparaissent » les uns après les autres, Nels passe d’un citoyen modèle à un justicier au sang-froid, qui ne laisse rien - ni personne - se mettre en travers de son chemin.

Et voilà que Liam Neeson reprend une fois encore le flambeau de feu-Charles Bronson ou, si vous préférez, son éternel rôle de vengeur implacable pour ne pas dire de justicier sans foi ni loi, bien décidé à faire payer tous ceux qui s’en seraient pris à l’un(e) de ses proches. Dans Night run, il protégeait son fils de tueurs acharnés ; dans The passenger, il était obligé d’accepter une mission afin d’éviter que sa femme et son fils soient tués ; dans Taken, on avait osé kidnapper sa fille : cette fois, c’est son fils qui a été enlevé et, de plus, rendu mort, assassiné ! Plutôt froid, peu loquasse et bien déterminé, il va donc éliminer de « sang froid », en cognant assidûment puis en tuant en toute « impunité » - avec méthode (une seule logique, celle de punir !) et toujours le même rituel -, les membres d’un gang de trafiquants de drogue, avant de laisser un autre clan - ici composé d’indiens – faire la basse besogne à sa place.
C’est que « papy » Neeson n’est plus vraiment en âge (66 ans) de jouer les redresseurs de torts comme jadis, d’ailleurs mis légèrement sur la touche ici lorsque ces « apaches » prennent la relève. Bref, Liam Neeson ne devient plus le centre névralgique de cette « guérilla », raccrochant les gants, pardon, ses poings, disparaissant presque de l’écran une bonne partie du film au profit de règlements de compte entre mafieux de couleur (peaux blanches contre « peaux-rouges »), et les laissant prendre en main une tuerie qui s’annonce, voire un carnage entre eux. Pensez donc, plus d’une vingtaine de morts au compteur, affiché sur fond noir à chaque nouveau décès, comme pour mieux se rendre compte de l’hécatombe qui se profile doucement mais sûrement à l’horizon !
Ce remake du polar norvégien Refroidis (c’est bien le cas de la préciser !) sorti en 2014 du même réalisateur qu’ici - Hans Petter Moland (The last lieutenant ; Aberdeen ; Zero Kelvin ; Les enquêtes du département V : délivrance) – est une espèce de mélange entre Cliffhanger côté station en altitude, montagnes enneigées et cascades vertigineuses, et de certains films de Tarantino question ambiance décontractée – un peu trop d’ailleurs ! – et dégommage violent dans les règles du 7ème art.
Si l’histoire manque cruellement d’explications et de sentiments, tournant parfois à l’intrigue nébuleuse (chacun des protagonistes donne l’impression d’être ailleurs, de planer), à la comédie noire « humaine » (le gros dealer à la « face de pêteux » est grotesque, peu crédible et caricatural à souhait), à la répétition (plusieurs fois les mêmes plans de routes où ne passent jamais personne ni aucune voiture) et à la BO amusante (des airs de rock, de pop et de country plutôt assez connus), on se demande bien ce que sont venus faire dans ce drôle de long métrage Laura Dern, visible à peine 3 minutes en 2h de pellicules (elle fut la partenaire de Liam Neeson dans Dr Kinsey), Tom Bateman (Experimenter ; Le crime de l’Orient Express) mauvais comme ce n’est pas permis en méchant tragiquement dérangé, et Domenick Lombardozzi (Affaires douteuses ; The irishman) en porte-flingue gay totalement improbable. En résumé, tant que Liam Neeson se tiendra (encore) droit comme un i, on peut espérer que ce genre de production de série B ne s’arrêtera pas en si bon chemin et gardera un semblant de véracité et de tenue, du moins, on l’espère...

C.LB



 
 
 
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