en 
 
 
cinema

 
 

Ad Astra

Sortie  le  18/09/2019  

De James Gray avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga, Liv Tyler, Donald Sutherland, Jamie Kennedy et Kimberly Elise


L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

Dans quelle galère intersidérale le cinéaste James Gray s’est-il plongé pour ne pas dire jeté à corps perdu, voire même fourvoyé à grand peine dans des sphères intergalactiques nébuleuses ? Quelle idée a-t’il eu de se lancer dans un tel projet, une aventure de science-fiction excessivement longue et particulièrement ennuyeuse, qui se veut ésotérique sans l’être véritablement - lui qui nous avait plutôt habitué à se confronter à des genres assez différents, du film historique (The immigrant ; The lost city of Z) au polar du type mafieux (Little Odessa) ou gangster (La nuit nous appartient), en passant par le drame bien noir (The Yards ; Two lovers) -,, histoire de faire un peu comme certains de ces illustres camarades et néanmoins confrères, que ce soit Stanley Kubrick, Danny Boyle ou bien encore Christopher Nolan ? Mais n’est pas capable de réaliser 2001 l’odyssée de l’espace, Solaris et Interstellar qui veut...et peut !
Le scénario avait pourtant beaucoup pour nous séduire – un futur proche entre espoirs et conflits avec la promesse de trouver des solutions dans les étoiles – mais la présentation comme le casting et le déroulement comme la narration pêchent par excès de vouloir (trop ou alors pas assez) bien faire, du moins, essayer de passionner le spectateur. Si les effets spéciaux donnent du relief à l’ensemble (course-poursuite en rovers sur le sol lunaire), ils manquent sacrément de réalisme et de précision visuelles (la netteté n’est pas le fort de la mise en scène qui nous montre des voyages dans l’espace programmés comme de simples vols aériens classiques). Côté dialogues, on a le droit à de multiples séances d’évaluations psychologiques (presque à répétition), sorte de remise en cause émotionnelle sous forme de « mea culpa » autour de l’état mental du « patient », qui plombent sacrément l’ambiance et l’action.
Quant au casting, c’est dommage d’avoir choisi Brad Pitt qui n’a là que 2 limite 3 expressions à son actif (certes calme, solide, attentif et pragmatique au possible mais sombre et solitaire, se cloisonnant de tout et ne s’attachant à personne). De même pour Tommy Lee Jones en papa quelque peu « fada’ sur les bords (il nous fait sa crise d’enfant gâté en pleine quête d’intelligences extraterrestres ou de vies intelligentes venues d’ailleurs, après avoir interprété un ingénieur à la retraite dans Space cowboys de Clint Eastwood en 2000 !), Liv Tyler en épouse potiche (juste 2 minutes à l’image en 2h de temps), et Donald Sutherland en second intervenant (avant de tourner de l’œil dès la 1ère étape franchie !).
Vous me direz, c’est une façon comme une autre de visiter quelques astres dans notre galaxie - la face cachée de la Lune (coloniser tel Israël en Cisjordanie !), ainsi que Mars et Neptune, sans oublier Jupiter et ses fameux anneaux d’astéroïdes (ils sont tout petit ici !) -, mais encore fallait-il y injecter une bonne dose de rythme ambiant, de profondeur d’esprit et surtout de réelles réflexions sur l’avenir de l’homme ! Point de cela à l’horizon malgré quelques réactions « épidermiques » de notre protagoniste principal face à plusieurs révélations sur son père « ce héros » génie brillant, plus âpre à être sous contrôle en permanence, hyper concentré en toute circonstance et opérationnel à tout moment, que d’avoir un minimum d’intérêt et de sentiments pour autrui.
Bref, une exploration spatiale délicate, plus proche de la mission cosmique comme seul moyen d’évasion, bien peu reluisante, pas originale ni assez ambitieuse et sans grande psychologie, alors qu’on fête dignement cette année les 50 ans du premier pas de l’homme sur la Lune (le documentaire Apollo 11 par exemple).....

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique