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Un jour de pluie à New-York

Sortie  le  18/09/2019  

De Woody Allen avec Timothée Chalamet, Elle Fanning, Kelly Rohrbach, Selana Gomez, Suki Waterhouse, Jude Law, Rebecca Hall et Diego Luna


Deux étudiants, Gatsby et Ashleigh, envisagent de passer un week-end en amoureux à New York.Mais leur projet tourne court, aussi vite que la pluie succède au beau temps… Bientôt séparés, chacun des deux tourtereaux enchaîne les rencontres fortuites et les situations insolites.

Voilà un titre qui évoque forcément le romantisme à plein nez, voire même quelques sentiments amoureux promptement affichés, un peu d’ailleurs à la manière de ceux qui emploient une période bien définie dans le temps et qui utilisent le nom de cette ville – ou d’un de ses quartiers - comme décor ou toile de fond afin d’assoir une histoire romanesque actuelle tels que par exemple Coup de foudre à Manhattan (ou à Rhode Island, c’est selon !)), Un jour peut-être, 6 jours 7 nuits, New-York melody, Un amour à New-York et New-York I love you (cette mégapole revient assez souvent !), Un hiver à Central Park ou bien encore le célèbre Manhattan du même réalisateur que cette fois ! Bref, une ambiance si chère à Woody Allen, au point d’en faire quasiment le seul et unique lieu de ces rendez-vous cinématographiques, là où il imagine des scénarios poétiques et passionnés dont il a le secret et comme il a l’habitude de nous en proposer régulièrement (et avec bonheur !).
Mais pas que : son célèbre fond de commerce lui sert également à mettre en œuvre et toujours face à face des personnages hauts en couleurs qui pourraient plus ou moins (bien) lui ressembler, dialogues croustillants à l’appui et plein d’humour « made in Allen » de circonstance, comme si c’était lui qui les disait à leur place, poussant le bouchon jusqu’à « se représenter » - par certaines réflexions et autres comportements - à travers un ou 2 intervenants, même dans une petite prestation aussi courte fusse-t’elle. Il y a là beaucoup de corrélations avec le cinéma (réalisateur, scénariste, acteur...) et le monde huppée de la « Big Apple », ainsi que pas mal de protagonistes aussi torturés qu’extravagants, aussi déjantés qu’exaltants, aussi traumatisés que nonchalants, et aussi angoissés que bon perdant.
Ici, pas de perdants ni de gagnants, juste des hommes et des femmes qui essayent tant bien que mal de trouver du réconfort, l’âme sœur, un sens à leur vie, pour ne pas dire une passion, en un mot, de tenter de s’apprécier et/ou de s’aimer et cela malgré les obstacles qui s’amoncellent sur leur chemin. Et pour que sa sauce prenne vraiment à 100%, il a choisi un casting aussi prestigieux qu’hétéroclites autour de « têtes bien faites », d’anciens comme de nouveaux acteurs (entre autres Timothée Chalamet, quelque peu tendu et Selena Gomez, très piquante) afin de marier les goûts et les couleurs ensemble.
Quoi qu’il en soit, la palme de la plus excitée qui soit comme une puce (ou plutôt comme un tique !) revient à Elle Fanning qui illumine véritablement cette comédie de son jeu protéiforme et de ses mimiques craquantes très typées « américaines », jusqu’à finir par « retomber dans l’adolescence » la plus complète. Encore une œuvre identitaire qui fait mouche, toujours à l’atmosphère très piano/bar (quelle BO !), certes un peu bavarde (comme à son habitude !) avec un ton légèrement précieux sur les bords, mais qui déploie des trésors de bons mots et de traits d'esprit pleins de « détails pathétiques qui tuent » à tous les coups....

C.LB



 
 
 
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