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Martin Eden

Sortie  le  16/10/2019  

De Pietro Marcello avec Luca Marinelli, Carlo Cecchi, Marco Leonardi, Chiara Francini, Aniello Arena et Jessica Cressy


A Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire et individualiste, dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines.

Le cinéma italien semble renaître de ses cendres ces temps-ci, à moins qu’il n’ait jamais été en panne d’inspiration mais plutôt de producteurs avisés et de distributeurs audacieux ! Cette fois, c’est une libre adaptation du célèbre roman de Jack London qu’il nous offre à travers la vision qu’en a eu le réalisateur Pietro Marcello (La bocca del lupo, Bella e perduta), transposant l’histoire du livre - qui se déroule aux Etats-Unis - en Europe, plus précisément dans une grande ville portuaire située au sud de l’Italie. Il nous plonge dans le parcours d’un « matelot », en manque d’instruction, d’éducation et d’apprentissage (avec de grosses lacunes en culture générale), qui va essayer de gravir les échelons en devenant écrivain de façon totalement autonome et de la façon la plus autodidacte qui soit.
Ce personnage à la belle gueule et au caractère haut en couleurs, omniprésent à l’écran pendant 2 heures, est joué par le charismatique et magistral Luca Marinelli (Chaque jour que Dieu fait ; La grande Bellezza ; Mauvaise graine ; Une affaire personnelle) qui a d’ailleurs remporté pour ce rôle la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine à la dernière Mostra de Venise, l’équivalent d’un prix à Cannes. On assiste à l’éclosion de sa destinée à la fois intellectuelle et sentimentale à force de volonté, certes semée d’embûches, lui qui vient d’en bas, mais déjoué grâce à sa seule et unique persévérance, le tout entrecoupé de chansons de variété des années 60/70 et 80 (notamment une de Joe Dassin) et ponctué de belles images aussi bien d’archives que traitées à la manière d’antan, changements de grains et de focales compris.
Si « le socialisme (de l’époque traitée) a donné un sens à son écriture », cet auteur désabusé et plein de désillusion n’en est pas moins d’une vanité, d’un cynisme, voire d’un sarcasme redoutable limite effrayant et surtout à toute épreuve. Même sa « princesse », une fille de bonne famille qu’il a aimée mais qu’elle a finalement repoussée, ne résistera pas à ses emportements haineux envers « ce qu’il a été et ce qu’il est devenu ». Un beau portrait et une belle fresque à la fois poignant et intense, puissant et prenant, sans jamais tomber dans le larmoyant ni dans le misérabilisme. Un grand coup de chapeau au scénario parfaitement maîtrisé, au metteur en scène terriblement efficace et au casting impeccablement choisi....

C.LB



 
 
 
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