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Hors normes

Sortie  le  23/10/2019  

De Eric Toledano et Olivier Nakache avec Vincent Cassel, Reda Kateb, Hélène Vincent, Bryan Mialoundama, Alban Ivanov et Catherine Mouchet


Bruno et Malik vivent depuis 20 ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer ces cas qualifiés "d'hyper complexes". Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.

Toute la puissance du sujet est déjà en partie résumée dans ce synopsis plein d’émotion, d’humanité et d’humilité aussi, sans oublier un peu d’humour tout de même ! Ce n’est d’ailleurs pas la 1ère fois que les réalisateurs Eric Toledano et Olivier Nakache touchent à ce genre d’histoire à forte connotation sociale : souvenez-vous de leurs précédents longs métrages tels que Nos jours heureux (dans une colonie de vacances avec des animateurs plus ou moins professionnels devant gérer au mieux des enfants assez difficiles), Intouchables (la rencontre inopinée d’un riche aristocrate paralysé avec un jeune de banlieue tout juste sorti de prison), et Samba (la confrontation entre 2 univers différents, celui d’un sénégalais en situation illégale à la recherche de papiers et celui d’une cadre supérieure en plein burn-out qui essaye de se reconstruire au sein d’une association de bénévoles) !
Pour être encore plus crédible, ils ont « embauché » 2 (nouveaux) acteurs au sommet de leur (7ème) art, Vincent Cassel et Reda Kateb (Hippocrate ; Gare du Nord ; Django ; Le chant du loup) qui n’avaient encore jamais joué dans l’un de leurs autres films. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils irradient tous les 2 à l’écran en aides et assistants sociaux particulièrement touchants, créateurs de 2 structures différentes – ou « missions » bien distinctes (La voix des justes et L’escale) -, ayant pour vocation d’aider, d’accueillir, de sécuriser, d’insérer et même d’héberger tant bien que mal des enfants et ados souffrant de cette pathologie (avec pour cela, l’aide d’éducateurs référents formés et préparés par leurs soins) ou, si vous préférez, de faire de la protection sociale auprès de jeunes en situation de handicap ou à la santé mentale déficiente (certains autistes jouent ici).
Les voir au quotidien, intervenir sur le terrain en urgence 24h/24h sans véritable agrément administratif (« toujours trouver une solution »), avec juste leur compétence devant des cas plutôt complexes (entrecoupés de maraudes et de visites de l’IGAS – inspection générale des affaires sociales – « la police des polices de la santé »), limite improvisés sur le tard comme ils le peuvent sans vrai protocole à la clé ni sans réel savoir à l’avance du résultat final, force le respect Ils dégagent ici toute leur énergie et leur « expérience » de jeu, portés par leur cœur et leur foi (l’un est juif, l’autre musulman) en devenant sous nos yeux ces chevaliers blancs, ces « sauveurs » de la dernière chance. Leur seule motivation voire leur unique crédo est de « les faire bouger d’ici » (les faire sortir le plus souvent d’hôpitaux et de maisons « spécialisées »), eux en perpétuel mouvement à l’image.
En résumé, une production coup de poing très engagée mais sans pathos d’aucune sorte, à la fois simple, juste, efficace et explicité, aussi réaliste qu’attachante, particulièrement violente, bouleversante, sensible, sincère et nécessaire, qui mérite tout notre respect et aussi toute votre attention...

C.LB



 
 
 
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