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J’accuse

Sortie  le  13/11/2019  

De Roman Polanski avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Gregory Gadebois, Matthieu Amalric, Damien Bonnard, Melvil Poupaud, Vincent Perez et Denis Podalydès


Pendant les 12 années qu’elle dura, l’Affaire Dreyfus déchira la France, provoquant un véritable séisme dans le monde entier.
Dans cet immense scandale, le plus grand sans doute de la fin du XIXème siècle, se mêlent erreur judiciaire, déni de justice et antisémitisme. L’affaire est racontée du point de vue du Colonel Picquart qui, une fois nommé à la tête du contre-espionnage, va découvrir que les preuves contre le Capitaine Alfred Dreyfus avaient été fabriquées.
A partir de cet instant et au péril de sa carrière puis de sa vie, il n’aura de cesse d’identifier les vrais coupables et de réhabiliter Alfred Dreyfus.


L’affaire Dreyfus a beau avoir été à plusieurs reprises portée à l’écran, le petit comme le grand (de Georges Méliès en 1899 à José Ferrer en 1957, en passant par la transposition de Ferdinand Zecca en 1902 et 1908, celles de Richard Oswald en 1930 et de F.W. Kraemer en 1931, sans oublier les versions étrangères, autant britanniques qu’allemandes et américaines), peu voire pas beaucoup limite aucune d’entre elles n’ont réussi à être le plus réel et le plus juste possible ou, du moins, à essayer de faire la part des choses tout en démêlant le vrai du faux. L’erreur est semble-t’il réparée grâce à Roman Polanski qui nous restitue le plus fidèlement qui soit le bon déroulé de cette terrible histoire.
L’angle approché ici est celui du Colonel Picquart, interprété magistralement par Jean Dujardin, omniprésent à l’image pendant 2h12, de tous les plans ou presque. C’est lui qui, en tant que responsable du renseignement à l’époque (nous sommes en 1894), va mener l’enquête, tel un film policier mâtiné d’espionnage rondement mené par ses soins. C’est qu’il fait son devoir tout en écoutant sa conscience et celle-ci lui dit qu’il y a conspiration, que le coupable est protégé alors que l’innocent, jugé coupable de haute trahison pour avoir mis en péril la sécurité nationale, est dégradé, déshonoré et incarcéré sur l’Ile du Diable (près de la Guyane).
Dans une très belle reconstitution, le réalisateur n’a pas lésiné pour raconter la vérité autour des protagonistes et des évènements qui se sont vraiment déroulés à la fin du 19ème siècle, se payant même le luxe d’apparaître en caméo. Si Gregory Gadebois se trouve enfin un rôle à sa (dé)mesure, Matthieu Amalric quant à lui porte sur son visage toute la folie de son personnage de graphologue et Melvil Poupaud, le côté comique de sa situation en tant qu’avocat de Picquart. Pour ce qui est de la prestation d’Emmanuelle Seigner, seule femme au casting, on a un peu de mal à la croire femme de ministre.
Quoi qu’il en soit, la mise en scène est impeccable, les flash-back astucieux et les dialogues parfaitement bien écrits. En résumé, cette production, où l’armée n’en sort pas grandi, n’a pas volé son Grand prix du jury à la dernière Mostra de Venise...

C.LB



 
 
 
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