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Cancion sin nombre

Sortie  le  22/06/2020  

De Mélina Léon avec Pamela Mendoza, Tommy Parraga, Maykol Hernàandez, Lucio A.Rojas et Ruth Armas


Pérou, au plus fort de la crise politique des années 1980. Georgina attend son premier enfant. Sans ressources, elle répond à l’annonce d’une clinique qui propose des soins gratuits aux femmes enceintes. Mais après l’accouchement, on refuse de lui dire où est son bébé. Déterminée à retrouver sa fille, elle sollicite l’aide du journaliste Pedro Campos qui accepte de mener l’enquête.

Production péruvienne (ça commence par des chants et des danses folkloriques traditionnelles), cadrages plutôt serrés (au plus près des protagonistes principaux), images en noir et blanc (sans doute pour cause de petit budget), plans posés voire assez lents (pas de véritables scènes d’action), assez peu de dialogues, aucun effet spécial, bref, le film qui semble ne pas être passionnant aux premiers abords. Et pourtant, on commence à s’attacher autant à cette histoire inspirée de faits réels qu’aux turpitudes de ce couple de pauvres ères (ils ne sont que des ombres !) qui partent à la recherche de leur bébé volé, une fille dont les kidnappeurs ne sont autres qu’une administration aussi permissive que malhonnête.
Si on a un peu de mal à se concentrer au début pour cause de nombreux passages entre cette mère qui va accoucher et ce journaliste qui est laconique limite évasif, on découvre par la suite les raisons d’un tel montage pour arriver à une ramification au cœur du sujet : l’enlèvement de nourrissons et le trafic d’enfants qui s’en suit, vendus pour être adopter à l’étranger. Malgré des dépôts de plainte qui restent sans réponse et des témoignages succincts qui ne font pas beaucoup avancer l’affaire, on suit les recherches d’indices qui pourraient mettre à jour les malveillances d’un pouvoir en place peu scrupuleux, fermant les yeux sur les agissements de certains de ces concitoyens.
Il est à peu près sûr que ce long-métrage ne fera pas déplacer les foules par centaines mais il a au moins le mérite d’expliquer comment une nation essaye de survivre tant bien que mal en magouillant ici et là, s’arrangeant au mieux pour permettre à ces « enfants » d’avoir une meilleure perspective d’avenir, en « quittant leur famille et leur pays » contre leur gré, que celui qu’ils auraient en restant chez eux. Il est juste dommage que des trames parallèles et pas vraiment nécessaires viennent en filigrane plus ou moins alourdir la bonne description de ce fait divers à l’échelle nationale (la relation amoureuse du journaliste, les attentats du Sentier Lumineux)...

C.LB



 
 
 
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