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Il moi corpo

Sortie  le  04/11/2020  

De Michele Pennetta avec des acteurs inconnus


Sous l’ardent soleil de Sicile, la rencontre intense d'Oscar, 15 ans, qui aide son père à la ferraille et de Stanley, migrant du Nigeria, qui vivote en espérant la régularisation de son ami. Tout semble les séparer, si ce n'est leur désir d’émancipation.

Peut-on vraiment parler ici de film, dans cette espèce de faux documentaire qui suit la vie pas toujours très rose de 2 jeunes, l’un blanc et ado de 15 ans – bien que pas toujours très propre à force de trainer dans des décharges à ciel ouvert ! – et l’autre noir de 19 ans – un peu plus attentionné de sa personne - ? Ce qui les rapproche, c’est le fait qu’ils triment, qu’ils soient tous les deux de corvée, exploités par des adultes : le premier par son père qui recycle de la ferraille, austère, tyrannique, alcoolique et légèrement à la ramasse, et le second par un curé dit « de bonne volonté et de bonne foi » qui l’envoie travailler un peu partout, notamment comme vendangeur et berger dans une ferme à la campagne. Il semble qu’aucun ne soit véritablement payé, du moins, rétribué à hauteur de leur dur et ardu labeur !
Fort est de constater que ce semblant de reportage pris sur le vif et filmé caméra à l’épaule, dévoile certains moments du parcours journalier et intime de ses 2 « déracinés », entre vie pauvre limite misérable en famille sur fond de visites de déchèteries sauvages, et espoir hypothétique (pour ne pas dire vain) de pouvoir voir des jours meilleurs s’annoncer. Bref, des crevards qui (sur)vivent tant bien que mal chacun à sa manière dans une certaine forme de solitude, que l’on soit maltraité au sein d’une fratrie de presque « gitans » (avec des gueules plus vraies que nature et des coupes de cheveux qui ne s’inventent pas !) ou bien réfugié avec un permis de séjour valable pour 2 ans mais qui peut se transformer rapidement en avis d’expulsion, planant au dessus de sa tête telle une épée de Damoclès.
Quelle remarque en fin de compte ? On attend que la rencontre fortuite entre ces 2 jeunes êtres en perdition et en fuite se concrétise à un moment mais ne survient que très furtivement au final et sans dialogues échangés – au bout de 1h15 alors que le film fait 1h20 ! – dans cette mise en scène répétitive, redondante à force de braser de l’air tragique et pas autre chose de véritablement accrocheur. Si le montage est harmonieux, la photo bonne et la lumière belle, c’est bien là les seuls vrais intérêts dans ces paysages desséchés siciliens dans ce cinéma du réel qui fait partie de la Sélection ACID Cannes 2020.
En résumé, le réalisateur et scénariste italien de 36 ans, Michele Pennetta (Les chiens aboient ; A lucata), s’est essayé à un genre humaniste à coup de longs travellings et autres plans séquences insistants, plutôt sombres et pas forcément dynamiques ni toujours prenants.

C.LB



 
 
 
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