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Falling

Sortie  le  04/11/2020  

De Viggo Mortensen avec Lance Henriksen, Viggo Mortensen, Terry Chen, Laura Linney, Sverrir Gudnason, Hannah Gross et Bracken Burns


John vit en Californie avec son compagnon Eric et leur fille adoptive Mónica, loin de la vie rurale conservatrice qu’il a quittée voilà des années. Son père, Willis, un homme obstiné issu d’une époque révolue, vit désormais seul dans la ferme isolée où a grandi John. L’esprit de Willis déclinant, John l’emmène avec lui dans l’Ouest, dans l’espoir que sa soeur Sarah et lui pourront trouver au vieil homme un foyer plus proche de chez eux. Mais leurs bonnes intentions se heurtent au refus absolu de Willis, qui ne veut rien changer à son mode de vie...

Il faut vraiment avoir une sacrée patience pour supporter les mauvaises humeurs parfois violentes, ainsi que les réflexions particulièrement désobligeantes voire souvent blessantes d’un vieux père qui commence à perdre la boule, aussi cassant et odieux qu’on peut l’être et cela en toute occasion, à n’importe quelle heure du jour comme de la nuit. C’est bien simple, il ne s’arrête jamais ou du moins rarement, dénigrant et insinuant tellement de choses, quitte à se répéter, qu’il arrive à créer une certaine zizanie ambiante et à provoque des conflits, jusqu’à pousser à bout son plus proche entourage, du moins, ce qu’il en reste.
Ce dernier est composé principalement de son fils qui écoute sans trop broncher – à part une engueulade finale qu’on était tous en droit d’attendre depuis longtemps, au moins depuis le début ! -, interprété par Viggo Mortensen (il commence à ressembler à Kirk Douglas en un peu plus jeune, la fossette de rigueur), autant devant que derrière la caméra puisque c’est sa première expérience en tant que scénariste et réalisateur. Et comme on est toujours mieux servi que par soi-même, il a retranscrit à l’image quelques passages clés de sa propre histoire, enfance comprise, une sorte d’autobiographie qu’il ne nous montre pas forcément sous son meilleur jour ni ne nous dépeint sous ses meilleurs auspices : ce n’est pas beau de vieillir.
Il met en scène de façon d’ailleurs assez lente et très douce – une manière comme une autre d’atténuer la tension et la force de résistance de ce papa qui perd la mémoire, obtus (« désolé de t’avoir mis au monde pour que tu meurs ! » ; « tu poses des questions débiles ») et ordurier (« merdeux » ; « enculé » et plein d’autres noms « d’oiseaux » tous aussi nuancés) –, à la fois la situation présente et les souvenirs sous forme de flash-back, avec en fond une jolie BO pour accompagner les très ou plutôt trop rares moments de bonheur vécus.
Il a surtout su trouver l’acteur idéal pour jouer ce « bienfaiteur » géniteur, Lance Henriksen (la saga Alien ; la série Millenium ; Mort ou vif ; Terminator ; L’étoffe des héros ; Dead man ; Appaloosa – production dans laquelle Viggo Mortensen était -) qui nous offre ici une performance hors normes, un vrai rôle de « composition » - celui d’un homme atteint de démence - à la hauteur de son immense talent. Bref, un film plutôt personnel (inspiré de la relation complexe entre ses parents), un brin émouvant et un tant soit peu nostalgique (David Cronenberg, qui a beaucoup fait tourner Viggo, se cache dans le film sous les traits d'un proctologue)...

C.LB



 
 
 
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