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Aline

Sortie  le  18/11/2020  

De Valérie Lemercier avec Valérie Lemercier, Sylvain Marcel, Danielle Fichaud, Roc LaFortune, Antoine Vézina, Pascale Desrochers, Jean-Noël Brouté et Arnaud Préchac


Québec, fin des années 60, Sylvette et Anglomard accueillent leur 14ème enfant : Aline. Dans la famille Dieu, la musique est reine et quand Aline grandit on lui découvre un don, elle a une voix en or. Lorsqu’il entend cette voix, le producteur de musique Guy-Claude n’a plus qu’une idée en tête… faire d’Aline la plus grande chanteuse au monde. Epaulée par sa famille et guidée par l’expérience puis l’amour naissant de Guy-Claude, ils vont ensemble écrire les pages d’un destin hors du commun.

Une fiction librement inspirée de la vie de Céline Dion : mon œil ! Ce n’est pas parce que les prénoms et noms ont été changés – Aline pour Céline, Dieu pour Dion et Guy-Claude pour Jean-René - qu’on va essayer de nous faire croire que cette histoire, pardon, cette incroyable destinée n’est pas celle de l’une des plus belles voix de la chanson internationale, tabernacle ! Comment d’ailleurs ne pas trouver une réelle ressemblance physique – l’avant, pendant son adolescence et l’après, lors de sa gloire naissante jusqu’à son succès planétaire d’aujourd’hui -, et un certain mimétisme dans l’allure et le gestuel – robes et chevelure comprises -, d’autant que tout a été réuni ici pour que sa protagoniste principale et donc alter ego soit un quasi copié/collé de l’originale ? Et puis, avec toutes les chansons interprétées qui sortent directement du répertoire de la « vraie », on ne peut sûrement pas se tromper ni vraiment pas dire le contraire !
Valérie Lemercier a « osé » se glisser, du mieux qu’elle l’a pu, dans la peau de cette égérie pour des millions de fans de par le monde, se permettant d’assumer presque tout, l’accent (normal, tous les intervenants sont des acteurs québécois !), les clins d’œil et autres jeux de mots (nombreuses références aux différentes époques montrées : de Robert Charlebois à Vanessa Paradis, en passant par Christophe – d’où le titre du film -, Barbra Streisand, Nicoletta...), et le chant (seul le dernier titre, Un gars ben ordinaire, une reprise de Charlebois où les textes ont été légèrement modifiés, semble être chanté par l’actrice, puisque sa téssiture à elle est très loin de correspondre ou d’égaler celle de l’irremplaçable Dion puisque c’est celle de la chanteuse Victoria Sioqui qui fait cette fois office de doublure chant, elle-même révélée dans la comédie musicale Le Roi Soleil).
Il fallait être sacrément audacieuse pour tenter de raconter au mieux, voire au plus près de la vérité, la vie de celle qui fait toujours rêver et vibrer tant d’aficionados partout sur la Terre. Tour à tour derrière et devant la caméra, Valérie Lemercier propose, pour sa 6ème réalisation, une performance à elle toute seule, omniprésente à l’écran pendant 2h, mimant, dansant, ondulant, parlant et racontant comme si nous étions en face d’elle, de « l’autre ». Elle n’a pas loupé au passage le fait de se « grimer » (merci à la nouvelle technologie numérique !) en petite fille jusqu’à la femme de 40 ans – en souvenirs de ses premiers sketches -, de jouer à fond la carte de la sensibilité à fleur de peau au point de donner beaucoup d’elle-même en concert – on le voit et on le sent dès qu’elle « chante » -, et de placer ici et là quelques petites séquences dites comiques - limite parodiques -, et émotions - on n’est parfois pas très loin du méli-mélo à la sauce romantico/sentimaliste.
Bref, même si on connaît plutôt très bien le parcours de cette phénoménale méga star, Valérie Lemercier lui rend un vibrant hommage aussi attachant qu’attendrissant, certes avec beaucoup de tendresse, d’authenticité et de crédibilité dans les faits et gestes, mais aussi avec moins d’originalité et de souffle qu’un biopic cinématographique tel que La môme, Tina, The Rose ou bien encore A star is born et dernièrement Judy, se bornant à nous dépeindre au 1er degré une légende assez classique dans sa manière d’être et de vivre, plus souvent à l’écran en famille chez elle que sur scène....

C.LB



 
 
 
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