en 
 
 
cinema

 
 

Poumon vert et tapis rouge

Sortie  le  20/01/2021  

De Luc Marescot avec la participation de Francis Hallé, Nicolas Hulot, Juliette Binoche, Antoine de Maximy, Edouard Baer, Claude Lelouch, Jérôme Salle, Jacques Perrin, Thierry Frémaux, Jean Labadie,.....


Pour aider le célèbre botaniste Francis Hallé dans son combat pour sauvegarder les dernières forêts tropicales et sensibiliser le grand public, Luc Marescot, documentariste passionné de nature, décide de pénétrer le monde du cinéma en réalisant son premier film, The botanist. Il veut faire un blockbuster, un thriller écologique, qui touche une audience plus large et donne envie d’agir. Avec Leonardo DiCaprio dans le rôle principal.
En sortant de sa zone de confort, il commence une nouvelle et difficile aventure, pour l'amour et la sauvegarde des forêts. Entre deux tournages auxquels on assiste en Amazonie, Gabon, Papouasie, Nouvelle Guinée ou Costa Rica, on le voit tracer son chemin avec malice et obstination, et découvrir, avec candeur, les arcanes du septième art, que ce soit à Hollywood, Berlin, Cannes ou Paris, jusqu’aux bureaux de Claude Lelouch, Juliette Binoche et bien d’autres.

Ce film documentaire suit les aventures de ce passionné et raconte son cheminement, son obsession, tout en livrant une leçon universelle sur le fait de ne jamais rien lâcher, de s’accrocher à son rêve. Cette aventure se vit comme un thriller à suspens avec un enjeu essentiel : son film pour participer à la sauvegarde des forêts tropicales va t-il un jour exister ? Arrivera-t-il à ses fins ?


Quelle affiche incroyable, quel casting faramineux, aussi impressionnant en longueur qu’hétéroclite en personnalités ! Dans cet espèce de reportage filmé, il se croise autant de réalisateurs - plus ou moins de fiction (Jérôme Salle ; Claude Lelouch ; Antoine de Maximy) que de producteurs (Jacques Perrin – « le 3ème œil » ; Antoine de Cazotte – installé à Hollywood), de distributeurs (Jean Labadie – Le Pacte) que d’actrices (Juliette Binoche) et acteurs (Edouard Baer – interviewé pendant 2 heures), autant de professeurs de scénario (l’américain Robert Mc Kee) que d’animateur (Nicolas Hulot – et néanmoins producteur, faisant référence au film Avatar), de délégué général de festival (Thierry Frémaux – celui de Cannes) que de directeur de label (Jean-François Camilleri – Disney France), de dessinateur de bandes dessinées (Zep) que de figure internationale emblématique de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne (Raoni – chef du peuple kayapo au Brésil), sans oublier un scénariste, un storyboardeur, un romancier, un directeur de la photo, un directeur d’acteurs, un coach de scénarios, un directeur artistique et même un chef papou de Nouvelle Guinée.
Une pareille liste ne peut que susciter interrogation, à voir une telle ribambelle de noms - pour certains très connus - aux corps de métier pas forcément différents ni très éloignés les uns des autres. Si celles et ceux venus du cinéma sont plutôt légions, c’est que la démarche, pardon, la mission entreprise par son initiateur, Luc Marescot – un chef opérateur ayant déjà 25 ans de documentaires derrière lui (il a notamment travaillé 22 ans pour l’émission Ushuaia, est parti en expédition avec Jean-Louis Etienne, Théodore Monod, Haroun Tazieff, Jean Jouze, et a réalisé 80 documentaires avec de nombreux prix à la clé dont Amazonia et dernièrement Frères des arbres) -, a été de s’atteler à une tâche plutôt considérable et voire rude, celle de réaliser un long métrage de fiction en passant par toutes les cases possibles et imaginables pour tenter d’y arriver. Ce n’est certes pas une mince affaire et 1h30 de pellicules nous permettent de découvrir son chemin du combattant – et de croix – afin de voir finalement où tout cela le mènera.
Il faut reconnaître que l’homme n’est pas du style à lâcher prise, un engagé et un acharné qui part avec un handicap certain pour ne pas dire plusieurs : celui de n’être pas connu dans le milieu du cinéma, d’être trop formaté documentariste pour la télé, de ne jamais avoir écrit de scénario de film ni d’avoir dirigé des acteurs...Bref, un vrai challenge qu’il relève bon gré mal gré, franchissant bien des obstacles avec sa bonne humeur et sa bonne mine en guise de bonne foi, son ardeur au travail en bandoulière. Jamais avare d’un moyen de bien se mettre en avant, il se met constamment en scène vagabondant ici et là, racontant, en voix directe et en voix off parfois, tout ce qu’il voit et rencontre ainsi que ses joies et ses déboires, l’égo certes bien affiché mais assumé. Des conseils, il en aura – et pas forcément ceux qu’il attendait ou qu’il espérait – mais, puisque l’espoir fait vivre, il n’aura de cesse de donner une chance à son projet « dans l’air du temps », même si celui-ci reste captivant et ambitieux mais trop cher et pas « bankable », à moins qu’un jour, Leonardo DiCaprio le lise et soit intéressé : qui sait ?...

C.LB



 
 
 
                                                      cinema - theatre - musique