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Une fois que tu sais

Sortie  le  10/03/2021  

De Emmanuel Cappellin avec le collapsologue Pablo Servigne, l'ingénieur Jean-Marc Jancovici, le climatologue Hervé Le Treut, les spécialistes de la résilience et de la vulnérabilité humaine face au climat Susanne Moser et Saleemul Huq, ainsi que Richard Heinberg


Confronté à la réalité du changement climatique et à l'épuisement des ressources, le réalisateur Emmanuel Cappellin prend conscience qu'un effondrement de notre civilisation industrielle est inévitable. Mais comment continuer à vivre avec l'idée que l'aventure humaine puisse échouer ? En quête de réponses, il part à la rencontre d'experts et de scientifiques tels que Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici ou Susanne Moser. Tous appellent à une action collective et solidaire pour préparer une transition la plus humaine possible.
Une odyssée qui touche à l'intime et transforme notre regard sur nous-mêmes et sur le monde pour mieux construire l'avenir.


« Encore un documentaire à messages très axés socialo-écologiques », me direz-vous et, pourtant, ces films ne sont pas tous répétitifs voire du pareil au même, ni réalisés pour nous rabâcher continuellement les mêmes rengaines et autres plaintes concernant notre avenir proche ! Celui-ci a le mérite de nous parler explicitement et franchement, preuves scientifiques et mathématiques à l’appui, de changer nos mentalités pour mieux s’adapter aux changements existants avant la rupture puis l’effondrement pour ne pas dire l’extinction du vivant – c’est-à-dire en l’occurrence nous plus toutes les autres formes de vie sur Terre -, et donc d’accepter une certaine résilience, certes avec colère mais également avec détermination, afin de permettre au futur d’exister un jour.
Vaste programme au demeurant quelque peu déprimant aux premiers abords ! En effet, il faut se rendre à l’évidence que notre société est fondamentalement non-durable et va indéniablement disparaître si on ne réagit pas vite, d’autant que le déclin déjà incontrôlable des ressources énergétiques (surtout celles bon marché jusqu’à leurs pénuries inévitables), l’augmentation de la population (7,5 milliards d’habitants aujourd’hui, à raison de 80 millions de naissances par an) et la croissance industrielle exponentielle (suivie de systèmes financiers encore plus importants et de moyens de transports toujours plus imposants) entraînent un dérèglement climatique et un effondrement économique aussi irrémédiable qu’irréversible sans (aucun) retour possible en arrière. Bref, alerter les consciences coûte que coûte.
En réalité, cette production de l’assistant réalisateur et du chef opérateur régulier de Yann Arthus-Bertrand, le drômois Emmanuel Cappellin, tire la sonnette d’alarme une nouvelle fois et avec intensité devant l’ampleur de la crise, tout en abordant « en douceur » les possibles transitions à mettre en place pour éviter la catastrophe, ce qui nous obligerait forcément à abandonner certaines de nos valeurs tout en nous permettant d’inventer de nouvelles règles. De cela en découle une question certes dérangeante mais que tout le monde se pose : comment préserver globalement notre planète en vivant ce grand désastre le mieux et le plus humainement possibles sans être obligé d’exclure du lot untel ou untel ? A cela, il faut ajouter une compréhension des enjeux en vigueur au final, avec à la clé peut-être aussi beaucoup de sacrifices à faire (entre autres les pays pauvres) pour permettre à d’autres (ceux riches) d’exister.
A travers un texte en partie politique et plus ou moins poétique et des images superbes (dont quelques-unes d’archives), le réalisateur se met en scène avec parcimonie, laissant plusieurs confrontations et explications humaines à des spécialistes du genre (voir la liste ci-dessus) afin de proposer - sans imposer – leurs visions les plus judicieuses et leurs choix urgents « entre nausée et fascination », et surtout les meilleurs – dont certaines surprenantes - pour sortir notre belle bleue en grande partie asphyxiée. Car, ne nous berçons pas d’illusions en espérant trouver une solution miracle du jour au lendemain, il faut coûte que coûte anticiper un futur apocalyptique et penser l’avenir de notre civilisation face au changement et cela le plus rapidement et radicalement possible. En résumé, un bon et nécessaire moyen de se projeter dans l’avenir pour sortir de l’immobilisme une fois passé le fameux cap de la « prise de conscience »…

C.LB



 
 
 
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