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L’art du mensonge (sur Canal +)

Sortie  le  19/02/2021  

De Bill Condon avec Helen Mirren, Ian McKellen, Russell Tovey, Jim Carter, Mark Lewis Jones et Laurie Davidson (sur Canal + le 19/02)


Escroc professionnel, Roy Courtnay a déjà en vue sa prochaine cible : Betty McLeish, récemment devenue veuve, dont la fortune s'élève à des millions de dollars. Dès la première rencontre entre Roy et Betty, l'arnaqueur commence par faire son numéro bien rodé de manipulateur et la veuve, visiblement séduite, semble facile à duper. Mais cette fois, ce qui avait l'air d'une simple arnaque prend l'allure d'un jeu du chat et de la souris aux enjeux de grande ampleur. Tandis que Roy et Betty découvrent des supercheries bien plus insidieuses, les voilà qui plongent dans un monde de dangers, de complots et de trahisons …

Rien que les 2 noms des acteurs principaux ne peuvent susciter qu’intérêt et enthousiasme : pensez donc, 2 grandes stars anglaises et non des moindres, Helen Mirren « aussi géniale que belle » (vue entre autres dans The queen, La folie du roi George, Gosford Park, et Tolstoï, le dernier automne, tous récompensés par un Oscar ou un BAFTA) et Ian McKellen en « être adorable » (aperçu notamment dans les 2 trilogies, Le seigneur des anneaux + Le hobbit, X-Men, Cats, Ni dieu ni démons, Mr.Holmes et La belle & la bête, ses 3 derniers films du même réalisateur, Bill Condon). Pour la première fois ensemble à l’écran, ils ne pouvaient que faire des étincelles avec une prédisposition à en faire un peu plus pour le second, à la limite de lui voler parfois la vedette. Quoi qu’il en soit, c’est un festival de roublardises et de manipulations sophistiquées comme on n’en avait pas vu au cinéma depuis longtemps !
Certes, ils ont beau être des seniors hors pairs et même de haute volée, incarnant à l’image des personnages du 3ème âge disons plus ou moins« raisonnables », cela n’enlève en rien leur charisme indéniable et leur talent fou à interpréter 2 « vétérans » en quête d’amour mais surtout à la recherche du meilleur moyen de pigeonner l’autre, de la plus belle façon qui soit et avec le panache qui lui ait dû. On ne se mentira pas plus longtemps, c’est une comédie satirique déguisée en thriller dramatique avec et pour des vieux, carte vermeil comprise, mais il est parfaitement huilé et agencé de manière classique, même si l’on connaît le twist final à l’avance, du moins, si on le devine assez rapidement.
Cette production typiquement britannique à petit budget de Bill Condon (on lui doit Twilight: Chapitre 5, Twilight: Chapitre 4 ou encore Dreamgirls) n’a pas vraiment la vocation de rester dans les annales du 7ème art, de par son scénario facile et ses rebondissements invraisemblables, mais il a au moins le mérite d’être un bon divertissement fort agréable, sans faire trop de manière ni de chichi autour d’un duo de monstres sacrés qui cabotinent au diapason avec, d’un côté, la fausse naïve quelque peu trop délicate et crédule sur les bords pour être vraie et, de l’autre, l’arnaqueur charmeur à l’œil espiègle et le pas alerte, doublé d’un escroc d’envergure sans aucun scrupule, allant un peu vite en besogne. Quoi qu’il en soit, on reste indulgent à leur égard – et leur âge - et l’on s’amuse de ce jeu malicieux autour de duperies ingénieuses en se disant que tout cela n’est finalement que détente et bonne humeur, distraction et amoralité partagées….

C.LB



 
 
 
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